Benjamin Ball, Leçons sur les maladies mentales, Éd. Asselin et Houzeau, (2ème édition) Paris, 1890.
Benjamin BALL
Leçon sur les maladies mentales : 1ère leçon
4 septembre 2005« [...] On comprendra sans doute que l’axe de la médecine mentale s’est entièrement déplacé, et que nous ne gravitons plus autour de la psychologie. Cliniciens et observateurs comme au temps de nos grands maîtres, nous portons plus volontiers notre attention sur les maladies du corps que sur les perturbations de l’entendement, et nous ne consentons plus, suivant l’expression de Falret, à devenir les secrétaires de nos malades et à écrire sous leur dictée.
Mais il est d’autres points sur lesquels la contradiction est encore plus radicale. L’axiome fondamental, l’idée maîtresse du système, c’est que la folie vraie est absolument indépendante et distincte du délire des maladies aiguës. Or, nous voyons l’un des doyens et des chefs de la médecine mentale, mon excellent maître et ami Moreau (de Tours), exprimer ouvertement l’idée qu’il n’existe aucune distinction radicale entre le délire et la folie, qu’il va même jusqu’à comparer à des faits parfaitement physiologiques, le rêve et le sommeil [...] » (Benjamin BALL, La médecine mentale à travers les siècles).
Benjamin BALL
Leçons sur les maladies mentales : 30ème leçon
26 juin 2005« Il existe en effet un rapport presque constant entre la folie religieuse et l’excitation sexuelle, à tel point qu’on pourrait croire que ce sont les mêmes cellules cérébrales qui président aux deux phénomènes. C’est là, messieurs, le premier des grands caractères qui distinguent la folie religieuse des autres monomanies.
Souvent ces tendances érotiques se marient aux idées mystiques les plus exaltées. Plus d’une religieuse a choisi Jésus pour son amant, et le rôle de ce divin personnage n’est point toujours aussi purement immatériel qu’on pourrait le croire.
[...] Chez une vieille aliénée dont les confessions manuscrites ont passé sous mes yeux, l’amant préféré était l’apôtre saint Paul ; je ne sais pourquoi ce grand défenseur de la chasteté avait été choisi dans cette circonstance ; il n’en est pas moins vrai qu’il jouait auprès de cette mystique un rôle assez compromettant.
On comprend aisément, en tenant compte de ces habitudes d’esprit, pourquoi les folles religieuses se croient souvent enceintes du Messie et prêtes à donner un sauveur au monde » (B. Ball, De la folie religieuse).
Benjamin BALL
Leçons sur les maladie mentales : 36ème leçon (section III)
4 juin 2005« La manie puerpérale se caractérise par un bavardage incessant, incohérent et semé d’injures violentes, avec conceptions délirantes, où l’on voit poindre quelquefois un vague délire des persécutions ; mais ces conceptions sont trop fugaces et banales pour mériter une dénomination spéciale. Vous savez déjà que toutes les formes d’aliénation mentale sont modifiées par le sexe ; les vociférations, les cris, les fureurs du maniaque, sont remplacés, chez la femme, par un bavardage excessif. [...] Ce délire, si caractérisé dans sa manie puerpérale, s’accompagne, en outre, d’une perturbation des sentiments affectifs, qui se manifeste par une aversion profonde pour le mari ou l’amant et par une indifférence absolue pour l’enfant, indifférence qui peut se changer en haine et aboutir à l’infanticide. Aussi, doit-on toujours, en pareil cas, retirer l’enfant des mains de la mère, car il y a des femmes qui, dans cet état, ont de véritables impulsions homicides » (Benjamin BALL, Des folies génitales).
Benjamin BALL
Leçons sur les maladie mentales : 36ème leçon (section II)
15 mai 2005
Benjamin BALL
Leçons sur les maladie mentales : 36ème leçon (section I)
7 mai 2005
Benjamin BALL
Leçons sur les maladies mentales : 31ème leçon
1er mai 2005