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Psychanalyse-paris.com propose des articles et éditoriaux sur la psychanalyse et l’inconscient freudien, des comptes rendus de séminaires, des forums et discussions, une bibliothèque de grands textes du domaine public, un dictionnaire de la psychanalyse et un annuaire de sites web.

  • Richard von Krafft-Ebing

    Assassinat par volupté sadique (Anthropophagie)

    Psychopathia Sexualis : III. — Neuro-Psychopathologie générale

    6 mai 2008

    « Verzeni déclara lui-même qu’il deviendrait bon si on le tenait enfermé ; car, rendu à la liberté, il ne pourrait pas résister à ses envies. Verzeni a été condamné aux travaux forcés à perpétuité. (Lombroso, Verzeni e Agnoletti. Roma, 1873.)
    Les aveux faits par Verzeni après sa condamnation sont très intéressants :
    - “J’éprouvais un plaisir indicible quand j’étranglais des femmes ; je sentais alors des érections et un véritable désir sexuel. Rien que de renifler des vêtements de femme, cela me procurait déjà du plaisir. La sensation de plaisir que j’éprouvais en serrant le cou d’une femme était plus grande que celle que me causait la masturbation. En buvant le sang du pubis, j’éprouvais un grand bonheur. Ce qui me faisait encore beaucoup de plaisir, c’était de retirer de la chevelure des assassinées les épingles à cheveux. J’ai pris les vêtements et les viscères pour avoir le plaisir de les renifler et de les palper. Ma mère, finalement, s’aperçut de mes agissements, car, après chaque assassinat ou tentative d’assassinat, elle apercevait des taches de sperme sur ma chemise. Je ne suis pas fou ; mais, au moment d’égorger, je ne voyais plus rien. Après la perpétration de l’acte, j’étais satisfait et me sentais bien. Jamais l’idée ne m’est venue de toucher ou de regarder les parties génitales. Il me suffisait d’empoigner le cou des femmes et de sucer leur sang. J’ignore encore aujourd’hui comment la femme est faite. Pendant que j’étranglais et aussi après, je me pressais contre le corps de la femme, sans porter mon attention sur une partie du corps plutôt que sur l’autre.”
    V… a été amené seul à ses actes pervers après avoir remarqué, à l’âge de douze ans, qu’il éprouvait un plaisir étrange toutes les fois qu’il avait des poulets à tuer. Voilà pourquoi il en avait tué alors en quantité, alléguant qu’une belette avait pénétré dans la basse-cour. » (Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis).


  • Richard von Krafft-Ebing

    Rapports entre la cruauté active, la violence et la volupté (Sadisme)

    Psychopathia Sexualis : III. — Neuro-Psychopathologie générale

    5 mai 2008

    « Les actes sadistes diffèrent selon le degré de leur monstruosité, selon l’empire du penchant pervers sur l’individu qui en est atteint, ou bien selon les éléments de résistance qui existent encore, éléments qui, cependant, peuvent être plus ou moins affaiblis par des défectuosités éthiques originelles, par la dégénérescence héréditaire, par la folie morale.
    Ainsi naissent une longue série de formes qui commencent par les crimes les plus graves et qui finissent par des actes puérils qui n’ont d’autre but que d’offrir une satisfaction symbolique au besoin pervers du sadiste.
    On peut encore classer les actes sadiques selon leur genre. Il faut alors distinguer s’ils ont lieu après la consommation du coït dans lequel le libido nimia n’a pas été satisfait, ou si, dans le cas d’affaiblissement de la puissance génésique, ils servent de préparatifs pour la stimuler, ou si enfin, dans le cas d’une absence totale de la puissance génésique, les actes sadiques doivent remplacer le coït devenu impossible et provoquer l’éjaculation. Dans les deux derniers cas, il y a, malgré l’impuissance, un libido violent, ou du moins ce libido subsistait chez l’individu à l’époque où il a constaté l’habitude des actes sadiques. L’hyperesthésie sexuelle doit toujours être considérée comme la base des penchants sadistes. L’impuissance si fréquente chez les individus psycho-névropathiques dont il est ici question, à la suite d’excès faits dès la première jeunesse, est ordinairement de la faiblesse spinale. Quelquefois il se peut qu’il y ait une sorte d’impuissance psychique par la concentration de la pensée vers l’acte pervers, à côté duquel alors l’image de la satisfaction normale s’efface.
    Quel que soit le caractère extérieur de l’acte, pour le comprendre il est essentiel d’examiner les dispositions perverses de l’âme et le sens du penchant de l’individu atteint. » (Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis).

  • La Topologie et le Temps (VI)

    Jacques Lacan et le Zen

    Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (24 avril 2008)

    30 avril 2008, par Guy MASSAT

    « Y aurait-il autre chose que des évidences ? Oui, faisait déjà remarquer Héraclite, et c’est ce qu’on néglige, disait-il, “aussi bien avant qu’après en avoir fait l’expérience”, par exemple, le lapsus et l’acte manqué. Remarquons, à suivre Héraclite, que pour que le principe d’identité soit certain, pour qu’il y ait une identité indiscutablement vraie entre A et A, il faudrait que ce deuxième A se trouve au même endroit et au même moment que le premier. Or il n’en est rien. Il faudrait pour cela arrêter le temps, ce qui est impossible. Comme le dit justement Lacan : “l’inconscient c’est l’impossible”, l’impossibilité d’arrêter le temps. Donc le principe d’identité A est A n’est, en toute rigueur, qu’une une proposition arbitraire, relevant de l’imaginaire. Même si elle s’avère extrêmement efficace. Mais, puisque c’est une convention, une fonction imaginaire, une proposition arbitraire, nous sommes en droit de, et nous pouvons en fait, ne pas nous y soumettre et préférer le langage des oiseaux, c’est-à-dire un langage qui ne repose pas sur le principe d’identité. Comme nous l’apprend Saussure : “La chaîne acoustique ne se divise pas en temps égaux (temps de l’horloge et temps réel)… On ne sait où un son commence ni ou l’autre finit… Les éléments que l’on obtient par l’analyse de la chaîne parlée sont comme les anneaux de cette chaîne, des moments irréductibles qu’on ne peut pas considérer en dehors du temps qu’ils occupent”. Autrement dit ces anneaux forment des nœuds, “des nœuds de Saussure” : nœuds de choses sûres. “Ainsi, explique le linguiste, un ensemble comme ta (le phonème ta, il aurait pu prendre le phonème ça) sera toujours un moment plus un moment, t, a, ou ç, a. Le fragment irréductible t ou ç, pris à part, pourra être considéré en dehors du temps (en dehors du temps de l’horloge bien sûr). De la même façon un ensemble musical “do, ré, mi” ne peut être traité que comme une série concrète dans le temps ; mais si je prends un de ses éléments irréductible, je puis le considérer in abstracto, (c’est-à-dire dans un autre temps ou une autre dimension, pareille à la symphonie pour une seule note proposée par l’artiste du vide Yves Klein dans les années 60). » (Guy Massat, La topologie des nœuds et le temps).


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