Médecin et psychanalyste américain d’origine autrichienne, Otto Fenichel effectua d’abord des études de médecine à Vienne, avant de s’intéresser aux thèses freudiennes et d’entamer, juste après la Première Guerre mondiale, une analyse qu’il termina à Berlin avec Sandor Rado, au début des années vingt.
Un temps séduit par le socialisme et les thèses marxistes, Otto Fenichel fut, d’un point de vue théorique, extrêmement proche de l’Ecole de Francfort et de Max Horkheimer qui, à sa mort, lui rendra d’ailleurs un très bel hommage. En fait, Otto Fenichel est souvent classé parmi le courant que l’on appelle communément "la gauche freudienne", expression servant à qualifier ceux qui, à l’instar de Fenichel, n’ont pas hésité à sortir du cadre purement thérapeutique, et à se prononcer politiquement sur les régimes politiques de l’entre-deux-guerres.
D’un point de vue pratique, O. Fenichel est surtout connu pour s’être intéressé au problème de la formation des psychanalystes et, en cette matière, pour être toujours resté fidèle aux thèses chères à S. Freud. Il s’oppose au dogmatisme de l’Association internationale de psychanalyse, laquelle souhaitait éliminer les non-médecins de la pratique de la psychanalyse. Contraint de quitter l’Europe à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Otto Fenichel s’exila aux Etats-Unis où il fut obligé de mettre un bémol à ses opinions politiques et thérapeutiques, notamment devant la croissante annexion de la pratique psychanalytique par la psychiatrie américaine.