Gouachita a écrit :
Bonjour schubertiade
Je ne sais pas qui doit t'excuser de nous rappeler très justement nos préoccupations financières. Je me demande si pour certains analysants le changement de psy n'a pas justement pour motivation un calcul rapide de rentabilité, aussi bassement matérialiste que ça puisse nous paraître, quand l'analysant a l'impression trop forte de gaspiller son argent et que ça ne lui plaît pas.
"Satisfait ou remboursé" est une expression inconnue de toute analyse

Tant mieux d'ailleurs

Gouachita
Qu'est-ce qui pourrait me faire dire, à moi, analysante, que je gaspille mon argent avec mon analyste?
Comment puis-je prétendre savoir que cela vient de mon analyste et non de moi?
Je suis en analyse depuis 7 mois, et je n'ai pas fait le calcul de ce que j'ai payé jusqu'alors, mais comme je l'ai dit à ma psy un jour, "ça fait cher le mot". Je suis confrontée à mes silences et aux siens, et j'ai eu bien des fois l'impression de ne pas être à ma place.
Je pourrais très bien considérer que cela vient d'elle, n'est-ce pas? Je pourrais la tenir responsable de mon incapacité à dire. Je pourrais me faire croire qu'il y a un problème d'inconscient à inconscient.... (je m'exprime peut-être mal, tant pis)
Me concernant, je n'ai rien à "reprocher" à ma psy. Je l'ai choisie elle, en tant que femme, parce qu'elle portait le même prénom que moi (j'ai réalisé dernièrement que ça avait peut-être beaucoup d'importance inconsciemment), et en sept mois, j'ai pu constater qu'elle était compétente, pour moi.
Je dépense beaucoup d'argent (peut-être n'est-ce pas encore assez compte tenu de ce que j'ai à dire?), et je n'ai pas le sentiment d'avancer parce que parler est un calvaire.
Je me rends seulement compte, avec certitude intérieure, qu'en changeant de psy, je ne serais pas plus bavarde, au contraire. Je sais que si j'abandonnais maintenant, je ne referais pas cette démarche avec quelqu'un d'autre.
Pourtant.............. lorsqu'on n'y connaît rien, absolument rien, qu'est-ce qui peut nous garantir que le psychanalyste qui est en face de nous nous convient?
Deuxième question intérieure : comment se fait-il qu'on se rende compte au bout de cinq ans qu'il faut changer? N'est-ce pas quelque chose qu'on peut pressentir dès les premiers temps passés dans le cabinet de son psy?
"Satisfait ou remboursé".... ça n'a pas lieu d'être en analyse, je suis bien d'accord. Je crois pourtant que cette idée traîne dans la tête de pas mal d'analysants, non?
Quand on entreprend ce type de démarche, le but profond est d'aller mieux, non? On ne veut pas simplement mieux comprendre.... on veut mieux comprendre pour mieux agir, et aller mieux au fond, non?
Mais dans ce cas, qu'est-ce qui fait que certains passent des années sur le divan et pensent avoir "gaspillé" de l'argent?
Le mieux-être n'est pas quantifiable, mais ce qui me fait tenir depuis 7 mois, malgré mes blocages divers, c'est que je sens les bienfaits de ce travail dans mon quotidien. C'est probablement idiot, mais savoir que j'ai cet endroit pour enfin dire cette partie de moi que je cache à tout le monde me permet d'être plus détendue au quotidien, moins en alerte intérieure à l'idée d'être découverte. Je me découvre dans le cabinet de ma psy, et j'ai moins peur d'être découverte à l'extérieur....
Je paye cher, et je ne crois pas que j'aurais tenu le choc sans ces progrès infimes. Dans le cabinet de ma psy, c'est toujours aussi difficile, mais j'en ressens les bénéfices à l'extérieur. Je ne sais pas si je terminerai mon analyse, si je ne serai pas un jour confrontée à une énorme résistance qui me fera abandonner, mais je sais d'ores et déjà que je n'ai pas "gaspillé" mon argent ces derniers mois.
Enfin voilà, j'ai digressé, mais le sujet m'interpelle.......
Bien à toi,