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Alfred BINET

Le culte des objets corporels

Le fétichisme dans l’amour (Chapitre I)

Date de mise en ligne : samedi 23 août 2003

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Quelques faits normaux. - Influence des associations d’idées sur nos goûts. - Opinion de Descartes. - L’amant de l’œil ; observation de M. Ball. - L’amant de la main. - Principaux caractères de cette perversion. - L’amant des cheveux. - L’amant de l’odeur. - Les rapports entre le sens de l’odorat et les fonctions génitales, dans le règne animal. - Le type olfactif. - L’amant de la voix. - Le rôle de l’hérédité, de l’habitude et de l’instinct de la génération dans le fétichisme.

Le fétichisme de l’amour se présente sous bien des formes ; mais toutes ces formes se ressemblent ; en connaître une, c’est les connaître toutes ; ce sont comme des variations infinies sur un thème unique. Nous étudierons successivement :
- 1° L’amant de l’œil ;
- 2° L’amant de la main ;
- 3° L’amant des cheveux ;
- 4° L’amant de l’odeur.

Dans ces quatre cas, le fétichisme, qui souvent ne se distingue de l’état normal que par des nuances insensibles, a pour objet une partie du corps de la personne aimée. C’est l’amour plastique.

Chacun a en amour ses goûts particuliers ; c’est même un sujet habituel de conversation ; telle personne aime la beauté blonde, telle autre la beauté brune ; celui-ci est pour les yeux bleus, celui-là pour les yeux noirs. Certaines personnes avouent que ce qu’elles préfèrent, c’est la taille ; d’autres, c’est le pied ; d’autres la nuque.

Les causes de ces préférences sont multiples. Condillac en signale une, l’association des idées.

« Les liaisons d’idées influent intimement sur toute notre conduite. Elles entretiennent notre amour ou notre haine, fomentent notre estime ou notre mépris, excite notre reconnaissance ou notre ressentiment, et produisent ces sympathies, ces antipathies et tous ces penchants bizarres dont on a quelquefois tant de peine à rendre raison [1] ». À l’appui, Condillac cite une observation relative à Descartes ; cette observation est un exemple du besoin si commun qu’on éprouve de retrouver chez des femmes ce que l’on a aimé chez d’autres. Descartes conserva toujours du goût pour les yeux louches, parce que la première personne qu’il avait aimée avait ce défaut.

Je ne puis m’empêcher de supposer que Descartes pensait à son propre cas, quand il écrivait, dans son Traité des Passions, la section CXXXVI, où il décrit « d’où viennent les effets des passions qui sont particulières à certains hommes ». Voici ce passage, qui est d’une très fine psychologie :

« Il y a telle liaison entre notre âme et notre corps que lorsque nous avons une fois joint quelque action corporelle avec quelque pensée, l’une des deux ne se présente pas à nous par après, que l’autre ne s’y présente aussi... Il est aisé de penser que les étranges aversions de quelques-uns qui les empêchent de souffrir l’odeur des roses ou la présence d’un chat, ou choses semblables, ne viennent que de ce qu’au commencement de leur vie ils ont été offensés par quelques pareils objets, ou bien qu’ils ont compati au sentiment de leur mère, qui en a été offensée étant grosse. L’odeur des roses peut avoir causé un grand mal de tête à un enfant lorsqu’il était encore au berceau, ou bien un chat le peut avoir fort épouvanté, sans que personne y ait pris garde, ni qu’il en ait eu après aucune mémoire [2], bien que l’idée de l’aversion qu’il avait alors pour ces roses et pour ce chat demeure imprimée en son cerveau jusqu’à la fin de sa vie ».

Voici maintenant un premier cas de grand fétichisme. L’observation que nous allons reproduire est relative à un malade que j’ai vu vers 1881 à la clinique de M. Ball, et dont l’éminent professeur a raconté l’histoire avec toute la verve et tout l’esprit qu’on lui connaît, dans une leçon sur la folie érotique [3].

« Il s’agit d’un jeune homme de trente-quatre ans. De petite taille et vigoureusement constitué, il a conservé sur sa physionomie les attributs de la jeunesse. Fils d’un professeur de dessin, il a reçu une éducation assez complète : il est bachelier, et jusqu’à l’époque de son entrée à Sainte-Anne il exerçait les fonctions de professeur de latin dans une institution de jeunes gens. Il a eu des convulsions dans l’enfance. Son caractère est faible, sans ressort, aisément influencé. Dès l’âge de six ans, nous voyons poindre des prédispositions à son état actuel : il avait, dit-il, quelques idées lubriques ; mais au milieu d’une ignorance absolue, il n’a pas tardé à contracter des habitudes de masturbation accouplées à des conceptions fort singulières.

« D’abord notre homme affirme qu’il est resté vierge de tout contact féminin : nous croyons absolument qu’il dit la vérité, car son récit est parfaitement en accord avec ses idées.

« Cet homme vierge a été assujetti pendant toute sa vie à des idées obscènes. Constamment préoccupé de l’idée de la femme, il ne voyait absolument dans son idéal que les yeux. C’est là qu’il trouvait l’expression de toutes les qualités qui doivent caractériser la femme, mais enfin ce n’était point assez ; et comme il fallait absolument en venir à des idées d’un ordre plus matériel, il avait cherché à s’éloigner le moins possible des yeux qui constituaient son centre d’attraction, et dans son inexpérience absolue, il avait placé les organes sexuels dans les fosses nasales. Sous l’empire de ces préoccupations, il avait tracé des dessins étranges, car, fils d’un professeur de dessin, il avait appris de bonne heure à manier le crayon. Les profils qu’il esquissait, et dont il nous a montré quelques exemplaires, reproduisent assez exactement le type grec, sauf on un seul point qui les rendait irrésistiblement comiques la narine était démesurément grande, afin de permettre l’introduction du pénis. Mais comme il n’avait mis personne dans la confidence, il a pu mener une vie régulière et tranquille jusque vers la fin de l’année 1880.

« Il était, nous l’avons déjà dit, professeur dans une institution privée, et on l’avait chargé de conduire les élèves en omnibus à la pension. Dans une de ses promenades, il rencontre son idéal on la personne d’une jeune fille habitant le quartier ; il aperçoit une forêt de cheveux au-dessous desquels se dessinent des yeux immenses.

« À partir de ce moment, son destin est fixé. Il est décidé dans son esprit qu’il épousera la belle inconnue ; il s’assure de son domicile, et, sans plus d’ambages, il monte chez elle et se fait annoncer. Il est reçu par la mère, à qui il demande catégoriquement la main de sa fille. On le jette à la porte, ce qui ne modifie nullement ses sentiments ; il se représente une seconde et une troisième fois ; il finit par être arrêté et conduit à la préfecture.

« Sous tous les autres rapports, son intelligence paraît régulière... Il n’accuse personne, il ne se connaît point d’ennemis ; il ne manifeste aucune animosité contre sa bien-aimé ; il est convaincu que s’il est enfermé à Sainte-Anne, c’est pour y passer un temps d’épreuve et se rendre plus digne d’elle ».

Ajoutons qu’après un séjour prolongé à l’asile pendant plusieurs années, ce malade a versé insensiblement dans un état de demi-démence, et que la démence complète paraît devoir être malheureusement la solution de sa carrière d’érotomane.

Nous reviendrons bientôt sur cette observation, et nous essayerons d’en faire l’analyse psychologique. Pour le moment, nous nous contentons de rassembler les faits.

On remarquera dès à présent que l’observation précédente ne doit pas être confondue avec le joli délire des amoureux. Le malade de M. Ball n’est pas un de ces simples enthousiastes qui chantent les beaux yeux de leur maîtresse. Il ne s’agit point ici de poésie, mais d’une véritable perversion sexuelle qui a conduit le sujet à la démence.

Après l’amant de l’œil, voici l’amant de la main. Ce dernier est très fréquent, si j’en crois mes nombreuses observations. Je choisis la suivante, qui est plus complète et plus riche en détails que les autres.

L’observation suivante a trait à un jeune homme que j’ai connu pendant mes années de médecine. M. R... est grand, il n’a pas d’asymétrie faciale, pas de prognathisme : le front est large, bien découvert, la tête est brachycéphale. Au moral, il est intelligent, doué d’une imagination très vive : son caractère est doux, ses relations sont faciles ; il est affectueux, tendre, charitable ; ajoutons qu’il a, de son propre aveu, un tempérament sensuel.

Sa famille, sur laquelle il m’a donné des renseignements circonstanciés, est entièrement composée, sans aucunes exceptions, de névropathes. Mais ce ne sont pas des névropathes bruyants, ce sont ce que l’on a coutume d’appeler des personnes nerveuses, ne présentant d’autres signes connus de névropathie que la forme du caractère, vif, emporté, facilement énervé et changeant brusquement pour une cause futile.

Il adore les femmes : mais dans la femme, ce qu’il préfère à tout le reste, même à l’expression de la physionomie, c’est la main : la vue d’une jolie main détermine chez lui une curiosité dont la nature sexuelle n’est pas douteuse, car en se prolongeant, elle provoque l’érection. Toute main indistinctement n’est pas capable de produire chez lui une réaction sexuelle. Il faut éliminer tout de suite les mains d’hommes, les mains d’enfants et les mains des personnes âgées. Chose curieuse, les mains vieilles, ridées et flétries, les mains rouges d’une fricoteuse, les mains jaunes et maladives d’un cachectique, lui inspirent un dégoût insurmontable.

Tel est le fait dans toute sa simplicité. Avant de le compléter par de nouveaux détails, je tiendrais à marquer le point par lequel il sort de la physiologie normale. Ce qui lui donne, à mon avis, une empreinte pathologique, c’est que l’érection arrive par la seule contemplation de l’objet. Une excitation génitale aussi intense dépasse un peu le taux normal : mais ce n’est là, nous le verrons, qu’une différence de degré.

Quand une idée obsédante règne dans l’esprit d’une personne, on voit souvent une foule d’antres idées s’orienter autour de l’obsession, qui détermine consécutivement une modification considérable du caractère et de la personnalité de l’individu.

Chez le sujet dont je parle, la modification du caractère est peu profonde, parce que l’obsession n’est pas toute-puissante. Il a seulement une façon piquante de faire la cour à une femme : rien ne le désole comme le gant : quand il s’adresse à une femme gantée, c’est comme s’il faisait la cour à une femme voilée. Quand le gant est tiré, il n’a d’yeux que pour son objet de prédilection. Le prendre et l’embrasser sont ses plus grands plaisirs. Il en résulte que toute son attitude est, en général, celle d’un amoureux soumis plutôt que celle d’un amant impérieux. Le goût qu’il éprouve pour cette extrémité du membre supérieur l’a déterminé à en faire une étude anatomique approfondie. La dissection des muscles des vaisseaux et des nerfs de la main n’a nullement fait évanouir le charme de l’objet aimé. Mais ce qui l’intéresse le plus, c’est la forme extérieure. Il lui suffit d’avoir vu une main pendant une minute pour ne jamais l’oublier. Il a, bien entendu, ses idées sur la beauté de cet organe. Ce qui est caractéristique, c’est qu’il n’aime pas les proportions exiguës que l’on recherche en général ; on dit qu’il faut qu’une femme ait le pied et la main petits pour être belle ; le pied lui est égal, mais il veut que la main soit moyenne, et plutôt grande.

Il s’adonne la chiromancie ; ce n’est pas qu’il y croie beaucoup, mais il y trouve un prétexte commode pour voir des mains de femmes et les étudier dans leurs plus petits détails.

À ce sujet, il m’a encore communiqué une de ces observations qui ne peuvent être faites que par un malade intelligent. L’examen minutieux d’une main ne lui est pas aussi agréable qu’ou pourrait le croire ; elle lui cause toujours quelque déception car la réalité reste toujours inférieure à l’image qu’il s’en était faite.

Nous connaissons tous cette supériorité de l’imagination sur la réalité ; jamais une femme n’est aussi belle que lorsqu’elle nous apparaît dans nos rêveries et dans nos songes. On comprend un peu la conduite de cet amant dont parle Rousseau ; il s’éloignait de sa maîtresse pour avoir le plaisir de penser à elle et de lui écrire.

L’excitation sexuelle que produit chez M. R... la contemplation de l’objet est augmentée par tous les bijoux qui peuvent l’orner. Sur ma demande, il constate que ces bijoux, pris à part, ne lui deviennent pas complètement indifférents au point de vue sexuel. La vue d’un bracelet à la devanture d’un bijoutier, et mieux encore la vue d’une bague étincelant sur fond de velours sombre d’un écrin lui font un sensible plaisir. Si nous ne nous trompons, nous voyons ici poindre une seconde perversion sexuelle, qui s’est greffée sur la première. Cette seconde perversion a pour objet des bijoux déterminés, c’est-à-dire des corps matériels et inanimés, comparables de tous points au bonnet de nuit et aux clous de bottines des premières observations. Seulement, chez M. R... ce second fétichisme n’est encore qu’en germe. Il est facile de comprendre comment il s’est développé ; c’est certainement par l’effet de l’association des idées. Le bijou, se trouvant souvent rapproché de l’objet de son culte, a bénéficié d’une association de contiguïté. Une liaison s’est formée dans l’esprit de M. R... entre la main féminine et les pierreries étincelant autour des doigts, le cercle d’or entourant le poignet : le sentiment sexuel, en se développant, a suivi cette association d’idées comme un canal qui a servi à son écoulement ; et c’est ainsi que les bijoux - principalement les bagues - sont devenus peu à peu une cause distincte et indépendante de plaisir. Une association des idées, fréquemment répétée, peut donc être considérée comme l’explication légitime de ce fétichisme secondaire.

Revenons maintenant au fétichisme principal. Il a pour résultat d’isoler l’objet aimé, quand il n’est qu’une fraction de la personne totale : la partie devient, jusqu’à un certain point, un tout indépendant. Chez M. R.... cette individualisation d’une fraction de la femme n’est pas complète comme chez le malade de M. Ball : pour lui, la main ne résume pas la femme entière ; il reste sensible à la à beauté du visage, à la grâce de la taille et des attitudes. Rien ne lui est pénible comme le contraste d’une femme très laide qui a de très jolies mains.

Enfin, il s’agissait de rechercher qu’elle pouvait être, dans le passé du malade, l’origine de cette particularité sexuelle. Il m’affirma tout de suite que ce goût était chez lui extrêmement ancien, et qu’il ignorait complètement sous quelle influence il s’était développé.

Il se rappelait très distinctement que bien avant l’âge de la puberté il regardait avec curiosité les mains de ses amis ; mais cette curiosité n’avait nullement un caractère sexuel ; elle n’acquit ce caractère que plus tard, et graduellement, à mesure que la puberté s’avançait. À ce moment, une sélection se fit : la main masculine l’intéressa beaucoup moins que la main féminine.

Après sa confession, M. R... plaida avec beaucoup de chaleur cette thèse que le phénomène dont il s’agit n’a rien de pathologique. Jamais la contemplation d’une main en plâtre ou en bronze, ou d’une peinture ou d’une photographie de mains ne lui a donné, dit-il, une érection. En somme, comme il le remarque très justement, c’est la femme qu’il aime et la femme seule. Son goût particulier ne met absolument aucun obstacle aux rapports normaux. Je dois même ajouter, après lui, ce détail extrêmement curieux qu’après des rapports très répétés et poussés jusqu’à l’épuisement, il passe des journées entières pendant lesquelles son goût favori lui paraît être complètement évanoui. Ce fait peut être ajouté à ceux qui montrent que la répétition des rapports normaux est, dans quelques cas, le meilleur remède aux idées érotiques. Il se passe ici une sorte de décharge : l’idée érotique s’épuise dans la dépense du mouvement. Mais, quelque temps après, au bout de plusieurs semaines de continence, l’attrait sexuel caractéristique se reforme, et il est d’autant plus prononcé que la continence a duré plus longtemps.

J’étais curieux de savoir comment les choses s’étaient passées dans l’intervalle, souvent assez grand, qui s’écoule entre l’âge de la puberté et le premier rapport sexuel. M. R... m’avoua que, pendant cette période, il s’était livré pendant longtemps à des espèces de rêvasseries amoureuses, dans lesquelles son objet favori jouait le principal rôle. Depuis qu’il a contracté l’habitude des rapports sexuels réguliers, son goût s’est beaucoup affaibli.

En quel sens la perversion sexuelle dont il s’agit a-t-elle subi un affaiblissement ? Nous ne restons pas, sur ce point, dans le vague : grâce à la confidence de M. R... nous pouvons constater qu’il existe une différence tranchée entre sa situation actuelle et sa situation passée. Autrefois, quand la perversion était dans tout son développement, l’idée érotique se présentait au malade spontanément, sans qu’il l’appelât et sans qu’elle fût suscitée par une excitation extérieure. Pendant qu’il était à sa table de travail, l’esprit occupé par une idée abstraite, il voyait tout à coup surgir dans son esprit l’image d’une main ; ce n’était nullement une hallucination, c’était une image fixe, obsédante ; quelquefois, il se complaisait à l’admirer ; quand il voulait continuer son travail, il devait faire un effort pour chasser l’image importune. Aujourd’hui, les choses ont changé. L’image n’apparaît plus spontanément, automatiquement, sans cause psychique qui la provoque ; nous entendons par cause psychique une association d’idées par ressemblance ou par contiguïté. Pour que le sujet s’occupe de l’objet pour lequel il a un attrait si prononcé, il faut qu’il y soit sollicité directement par un mot, par une gravure ou par la vue d’une femme.

Cette distinction a été remarquée par quelques aliénistes dans l’évolution des idées fixes. M. Morselli a publié dans la Rivista di freniatria de 1886 l’histoire d’une malade qui était obsédée par l’envie de couper la langue de son enfant, à l’aide de ciseaux dont elle voyait son mari se servir tous les jours pour tailler de la viande à ses oiseaux. Dans les premiers temps, il fallait que la malade vît les ciseaux pour que l’idée fixe surgit ; mais peu à peu cette idée fixe, devenant plus intense, se réveillait spontanément sans être provoquée par la vue de l’objet. Le réveil spontané de l’image suppose une intensité plus grande.

On voit tout de suite le côté intéressant de cette observation : c’est qu’il s’agit d’une perversion sexuelle qui s’est développée spontanément, en dehors de toute habitude de luxure, ainsi que le malade me l’a affirmé à plusieurs reprises. Cela prouve que l’hérédité a joué un rôle capital dans l’histoire de ce malade ; mais l’hérédité n’a certainement fait que préparer le terrain ; ce n’est pas elle qui peut avoir donné à l’impulsion sexuelle sa forme particulière.

Nous avons pris comme types les deux observations précédentes, parce qu’elles éclairent d’une vive lumière un genre spécial de fétichisme : il est clair que chaque partie du corps d’une personne peut devenir l’objet d’un fétichisme spécial. Magnan a étudié un malade qui était attiré vers la région fessière des femmes.

Dans les observations précédentes, nous voyons l’amant s’attaquer à une fraction du corps de sa bien-aimée. C’est encore ce fétichisme sans doute qui explique certains faits curieux que l’on voit se reproduire à intervalles presque réguliers : un mari, épris de sa femme la garde chez lui en secret après qu’elle est morte, la fait embaumer, la revêt de ses plus belles toilettes, la décore de tous ses bijoux et lui rend ainsi un véritable culte privé. C’est le sujet de la Femme gênante de G. Droz. Il faut sans doute faire un effort d’imagination pour comprendre ees excès d’un amour posthume ; mais on y arrive en voyant que l’amour peut s’attacher, par association d’idées, à des choses inertes et complètement privées d’âme, qui sont incapables de répondre à notre affection. Supposons un homme qui adore dans le corps de sa femme une partie quelconque qu’il a toujours trouvée plus belle que le reste, par exemple son oreille ou son nez. Eh bien ! l’idée qu’il peut continuer, même après la mort de sa femme, à voir ces objets adorés, qu’il peut les défendre contre la décomposition, qu’il peut même leur communiquer un semblant de vie, cette idée ne lui paraîtra nullement étrange ; elle est logique, au contraire ; car puisqu’il aime un objet matériel, il doit pouvoir, dans une certaine mesure, prolonger l’existence de cet objet. C’est ainsi que nous expliquons ces faits qui ont l’allure d’un conte d’Hoffmann.

En somme, il n’y a qu’une seule chose qui meure d’une mort irréparable : c’est la pensée, c’est l’intelligence, c’est l’âme ; quant au corps, bien qu’il soit formé d’une matière organique extrêmement instable, on peut suspendre ou du moins masquer sa décomposition au moyen d’un système perfectionné d’embaumement qui est connu depuis la plus haute Antiquité, puisque l’Egypte du temps de la dix-huitième dynastie nous a légué des cadavres qui grâce aux aromates et au bain de natron, conservent encore une physionomie vivante.

Sans sortir de l’amour plastique, signalons l’amant des cheveux. Tout le monde aime les beaux cheveux longs et soyeux ; on connaît le mot plaisant de M. Poirier à sa fille : « Quand ta mère voulut aller à l’Opéra, elle me le demanda le soir, en déroulant ses cheveux ; et je l’y conduisis dès le lendemain ». Chez les fétichistes, cet amour des cheveux prend des proportions considérables et se trahit par des actes extravagants. Quelques-uns, raconte M. Macé, se faufilent dans la foule des grands magasins de nouveautés et s’approchent des femmes ou des jeunes tilles dont les cheveux tombent en nappe ou en natte sur les épaules. Munis de ciseau, ils coupent les soyeuses chevelures. L’un d’eux est arrêté au moment où il vient de couper la natte d’une jeune fille. Interrogé, il fait cette réponse typique : « C’est une passion ; pour moi, l’enfant n’existe pas, ce sont ses beaux et fins cheveux qui m’attirent... Je pourrais souvent les prendre tout de suite... Je préfère suivre la fillette, gagner du temps. C’est ma satisfaction, mon plaisir. Enfin, je me décide, je coupe l’extrémité des mèches frisées, et je suis heureux » [4].

On remarquera en passant cet aveu important : « Pour moi, l’enfant n’existe pas, ce sont ses cheveux qui m’attirent ». Voilà bien le fétichiste dans toute sa candeur.

« D’autres, continue M. Macé, vont d’une cohue à l’autre, hésitent et tournent longuement avant de s’arrêter. Leur choix fait, on les voit s’élancer sur une femme et lui embrasser follement les cheveux qui frisent sur la nuque... Puis, ils s’esquivent comme par enchantement, en faisant claquer bruyamment leur langue et en se léchant les lèvres pour savourer le goût que les petites frisettes à la couleur préférée viennent d’y laisser.

« Frisons d’or, frisons d’ébène, frisons d’argent, il y a beaucoup d’amateurs pour ces sortes de friandises. Ils préfèrent les cheveux relevés, qui dégagent bien la nuque, pour faire valoir le cou, et laisser en liberté les petites mèches mignonnes et agaçantes. Ils se contentent d’un rapide et furtif baiser [5]... » On voit, par ces exemples, combien notre sujet s’élargit et que de personnes il comprend. Il faut que le fétichisme amoureux soit bien répandu pour qu’il soit devenu familier, sous quelques-unes de ses formes, à des agents de police !

Nous venons de voir défiler devant nos yeux l’amant l’œil, l’amant de la main, l’amant du cheveu. Nous allons étudier maintenant l’amant de quelque chose de plus subtil, qui n’est pas une partie intégrante, mais plutôt une émanation de la personne, l’odeur.

Le rôle des odeurs dans les phénomènes de l’amour est bien connu. L’histoire naturelle nous apprend qu’un certain nombre d’animaux sont porteurs de glandes dont la sécrétion, au moment du rut, produit une odeur extrêmement pénétrante ; tels sont le musc, la civette, le castoreum. Comme c’est souvent le mâle qui est porteur de l’organe odorant, et que c’est le mâle qui poursuit la femelle, on ne peut pas voir simplement dans l’odeur qu’il répand un moyen de mettre la femelle sur sa piste en trahissant sa présence ; il est plus probable que l’odeur du mâle n’a d’autre but que de séduire la femelle et de l’exciter à l’accouplement.

Dans l’espèce humaine, le rapport du sens de l’odorat avec l’amour n’est pas moins étroit, et les femmes de tous les temps ont toujours su que certains parfums ont une action puissante sur les sens de l’homme. Nous voyons dans L’Ancien Testament Ruth se couvrir de parfums pour plaire à Booz. On sait aussi quel abus des parfums ont toujours fait les femmes galantes de nos jours et les Lais et les Phryné de l’Antiquité gréco-romaine.

Chez plusieurs races sauvages, la perception de l’odeur d’une personne chérie produit un plaisir intense qui se manifeste dans des pratiques naïves. Chez les Indiens des Iles Philippines, dit Jagor, « le sens de l’odorat est très développé : des amants, au moment des adieux, échangent des morceaux de linge qu’ils portent, et pendant leur séparation ils respirent l’odeur de l’être bien-aimé, en couvrant leur relique de baisers ». Chez la peuplade de Chittatong Hill, le baiser est remplacé par l’acte de flairer la joue (cité par Spencer, Principes de sociologie. IVe partie).

Les odeurs naturelles du corps humain ne sont pas les seules qui produisent un effet excitant : les odeurs factices, fabriquées par la parfumerie, produisent chez beaucoup d’individus le même effet : notons que dans beaucoup de parfums artificiels on relève l’effet d’ensemble par un fragment de musc, de civette, ou de castoreum, matière empruntée à ce que Mantegazza appelle « les organes d’amour » de l’animal.

Passons maintenant au fétichisme, qui n’est que l’exagération d’un goût normal. Il y a lieu de remarquer que ce sont les odeurs du corps humain qui sont les causes responsables d’un certain nombre d’unions contractées par des hommes intelligents avec des femmes inférieures appartenant à leur domesticité. Pour certains hommes, ce qu il y a d’essentiel dans la femme, ce n’est pas la beauté, l’esprit, la bonté, l’élévation de caractère, - c’est l’odeur ; la poursuite de l’odeur aimée les détermine à rechercher une femme vieille, laide, vicieuse, dégradée. Porté à ce point, le goût de l’odeur devient une maladie de l’amour. Un homme marié, père de famille, qui ne peut pas sentir une certaine odeur de femme sans poursuivre cette femme dans la rue, au théâtre ou n’importe où, est en général classé par les aliénistes dans la grande catégorie des impulsifs. Pour nous, qui considérons surtout les faits de cet ordre sous l’angle de la psychologie, nous voyons dans cette poursuite de l’odeur la preuve d’un état mental particulier dans lequel une seule des qualités de la femme poursuivie - l’odeur - se détache des autres et devient prépondérante.

M. Féré a bien voulu me communiquer l’observation suivante qui se rapporte peut-être au fétichisme de l’odeur : Il a donné des soins à un malade qui présente un cas intéressant de fétichisme ; lorsque ce sujet rencontre une femme rousse dans la rue, il la suit ; peu importe que la femme soit jolie ou d’une laideur repoussante, élégante ou en guenilles, jeune ou vieille ; il suffit qu’el1e soit rousse pour qu’il la suive et la désire. Le malade, qui est un homme de lettres distingué, se rend bien compte de cette impulsion morbide ; il en connaît l’origine psychologique ; à ce qu’il prétend, son goût caractéristique provient de ce que la première femme qu’il a aimée était rousse. C’est donc une association d’idées qui a produit chez ce sujet, comme chez Descartes, la forme particulière du fétichisme. Ajoutons que si un phénomène aussi superficiel qu’une association d’idées a pu exercer urne influence aussi profonde sur l’étal mental dur sujet, c’est parce qu’il s’agit, d’un malade ; l’amant de la femme rousse est un héréditaire ; il présente plusieurs symptômes physiques de dégénérescence.

Nous ignorons si, dans ce fétichisme, le culte s’adresse à l’odeur de la femme ou à la couleur fauve de ses cheveux.

Au sujet de l’action excitante des odeurs sur l’appareil sexuel, le Dr A... m’a rapporté le fait suivant qui a été observé sans idée préconçue. Un étudiant en médecine, M. D... étant assis un jour sur un banc, dans un square, et occupé à lire un ouvrage de pathologie, remarqua que depuis un moment il était gêné par une érection persistante. En se retournant, il aperçut une femme rousse, qui était assise sur le même banc, mais de l’autre côté, et qui répandait une odeur assez forte. Il attribua à l’impression olfactive qu’il avait sentie sans en avoir conscience le phénomène d’excitation génitale.

Cette observation est intéressante, parce qu’elle montre que, chez certains sujets, l’odeur peut devenir directementunecaused’excitation, sans évoquer des souvenirs spéciaux [6].

L’amant de l’odeur présente au psychologue un intérêt tout particulier, car ce genre de fétichisme se rattache intimement à l’existence d’un type sensoriel : l’olfactif [7].

On comprend qu’un olfactif, qui, dans toutes les circonstances de sa vie, attache une grande valeur à l’odeur des objets, qui, s’il est médecin, pourra reconnaître ou soupçonner une maladie, par exemple la fièvre typhoïde, a l’odeur dégagée par les malades, apportera les mêmes préoccupations olfactives dans ses relations amoureuses. Ainsi, il se souviendra distinctement de l’odeur propre à chaque femme qu’il a connue ; une femme, fût-elle très jolie, ne lui plaira pas, si elle répand une odeur désagréable ; au contraire il se laissera séduire par une femme d’une figure insignifiante, mais dont l’odeur lui paraîtra délicieuse.

Tout cela se comprend comme une conséquence logique de la prédominance de l’odorat sur les autres sens ; mais si l’olfactif en arrive à ce point de ne tenir compte chez la femme que d’une chose : - l’odeur, on peut dire que c’est du fétichisme. Il n’y a là qu’une question de degré.

Les quelques faits réunis jusqu’ici suffisent déjà à montrer que l’amour n’est pas un sentiment banal, qui se présente chez tous avec des caractères uniformes. Chacun a sa façon propre d’aimer, comme de penser, comme de marcher, comme de respirer ; seulement, le plus souvent, ce que l’on montre au grand jour, ce sont les caractères spécifiques de la passion ; les nuances individuelles restent cachées au plus profond du cœur.

Après l’amant de l’odeur, vient l’amant de la voix.

Je n’ai pu réunir sur ce point qu’un très petit nombre de documents. M. Dumas a décrit, dans une nouvelle intitulée la Maison du Vent, un état psychologique assez particulier ; il s’agit d’une femme qui s’est laissée séduire par la voix d’un ténor ; le mari pardonne à sa femme et la sauve par où elle s’est perdue, en faisant agir sur elle les séductions de sa propre voix. J’ai demandé à M. Dumas si cette histoire reposait sur une observation vraie ; il a bien voulu me répondre ceci : « La femme qui subissait le charme de la voix est réelle ; seulement, elle n’était pas la femme de l’homme de la Maison du Vent ; mais le fait n’en existe pas moins. J’ai réuni ces deux cas, voilà tout. Cette femme était une comédienne, sans grand talent d’ailleurs, qui s’était éprise d’un de mes confrères en entendant sa voix et sans le voir. Elle était dans le premier cabinet de Montigny, elle attendait qu’il eût fini de causer avec un auteur, la porte était ouverte, elle entendait les voix plus que les mots. Je me trouvais avec elle, et elle me disait : "Entendez-vous cette voix ? Entendez-vous cette voix ?" Et elle était en véritable extase, me faisant signe de me taire quand je voulais parler. La liaison s’est faite très vite, et a duré très longtemps [8] ».

Autre fait. On m’a rapporté qu’une personne ne peut entendre jouer au piano l’air du ballet de Faust (la nuit de Walpurgis) sans éprouver des phénomènes d’excitation génitale. Cette observation, malheureusement trop courte, nous permet de bien marquer le passage de l’état normal à l’état pathologique. Le caractère voluptueux attaché à ce morceau de musique tient évidemment au ballet qui l’accompagne, ballet où l’on voit un essaim de danseuses, belles, brillantes, décolletées, entourer Faust et lui faire mille agaceries. Lorsqu’une personne assiste a ce spectacle, il se fait une association inconsciente dans son esprit entre l’audition de la musique et la vue des danseuses. Supposons qu’il s’agisse d’une personne hyperexcitable. Si on joue devant elle au piano le ballet de la nuit de Walpurgis, l’air lui rappellera complètement ce qui se passait sur la scène, et ce souvenir sera assez intense pour lui donner une impression de plaisir génital. Ici, ce n est pas la musique qui directement produit la réaction sexuelle, c’est le souvenir visuel suggéré ; mais supposons que ce souvenir visuel s’efface peu à peu, disparaisse même complètement, et que l’audition du morceau continue à produire la même impression sensuelle, on pourra dire dans ce cas que cette musique a acquis la propriété d’agir directement sur le sens génital du sujet [9]. Les détails me manquent pour savoir au juste si c’est là ce qui c’est passé dans l’observation qu’ou m’a rapportée ; peu importe d’ailleurs ; les deux cas que nous venons d’essayer de distinguer, suivant que l’excitation musicale est directe ou indirecte, se fondent insensiblement l’un dans l’autre, et la difficulté qu’on éprouve à les distinguer est encore la meilleure preuve de leur parenté.

Nous venons de faire l’esquisse de plusieurs espèces de fétichisme. Il nous serait impossible de les énumérer toutes.

À un point de vue général, on peut dire que tout ce que la femme a inventé de parures et d’ornements, tout ce qu’elle a imaginé de joli, de curieux, de bizarre et d’insensé pour plaire à l’homme, et vice versa, a pu devenir l’occasion d’un fétichisme nouveau. Qui peut énumérer toutes les folies causées par une belle chevelure rouge, ou par le violent éclat d’une figure fardée ?

Quant aux causes du fétichisme décrit jusqu’ici, elles sont difficiles à démêler. L’hérédité d’abord, comme préparation. Nous avons signalé une cause directe : le développement du sens de l’olfaction. Une autre cause plus générale mérite d’être citée, c’est l’association d’idées et de sentiment engendrée par la coutume. Qui ne connaît l’influence de la coutume sur notre appréciation de la beauté ? À Pékin, une femme est belle quand elle déborde de graisse et que ses pieds sont trop petits pour marcher ; à Java, quand elle a le teint jaune et les dents peintes en noir ; à Tahiti, quand elle a le nez écrasé. Il n’est même pas besoin d’aller chercher à l’autre bout du monde les preuves de la force de la coutume sur nos sentiments et nos goûts. Chacun sait que dans nos sociétés civilisées on préfère généralement « la distinction » à la beauté. Or, de quoi se compose la distinction ? De certains traits et de certaines manières qu’on ne rencontre d’ordinaire que dans les classes riches de la société [10]. Il y a, dit Dumont, des nez qui deviennent à la mode uniquement parce qu’on les trouve sur le visage de gens haut placés. Ici encore, c’est la coutume qui pétrit les goûts ; la coutume, c’est-à-dire les associations d’idées qui se répètent fréquemment.

L’influence de l’association des idées sur l’histoire sexuelle de certains malades n’est pas une hypothèse ; elle apparaît à la lecture de quelques-unes des observations précédentes. Notre étude sur ce point aura donc une base matérielle [11].

Parmi les causes du fétichisme amoureux, on pourrait signaler encore l’instinct de la génération. Schopenhauer prétend que la recherche amoureuse d’une forme particulière du corps est déterminée par l’instinct de la génération ; cet instinct, aussi intelligent qu’inconscient, pousserait l’individu à contracter une union propre à sauvegarder l’intégrité du type. C’est ainsi que les petits hommes aimeraient surtout les grandes femmes. Dans cette hypothèse, les faits de perversion s’expliqueraient par les déviations de cet instinct de sélection sexuelle.

Il y a certainement beaucoup de grandeur dans cette conception de l’instinct, considéré comme le génie qui veille à la conservation de la pureté de l’espèce. L’explication du reste ne nous paraît pas invraisemblable. Malheureusement, ce sujet est encore si obscur qu’il vaut mieux l’abandonner pour le moment à la poésie et au roman. On ne connaît rien de bien net sur les affinités électives.

En somme, on sait bien peu de choses sur les causes du fétichisme.

Voir en ligne : Alfred Binet > Le fétichisme dans l’amour > Chapitre II : Le culte des objets matériels

P.-S.

Alfred BINET, « Le Fétichisme dans l’amour », Études de psychologie expérimentale, Bibliothèque des actualités médicales et scientifiques, Octave DOIN Éditeur, Paris, 1888, pp. 1-85.

Notes

[1Art de penser, ch. V.

[2Voilà le point important, et Descartes n’a pas manqué de le reconnaître. L’aversion acquise pour certains objets devient indépendante du souvenir du fait qui a donné naissance à cette aversion.

[3Encéphale, 1883

[4Un Joli Monde, p. 268.

[5Un Joli Monde, p. 265.

[6Interrogez, dit Mantegazza, un grand nombre d’hommes profondément sensuels, et ils vous diront qu’ils ne peuvent visiter impunément les fabriques d’essences et de parfums (Op. cit., p. 150).

[7Les renseignements suivants m’ont été donnés par le Dr A..., un olfactif. - Sur l’existence des autres types sensoriels, on peut consulter ma Psychologie du Raisonnement, ch. I, Alcan, 1886.

[8On lira aussi avec intérêt un roman de M. Belot intitulé les Baigneuses de Trouville. Je soupçonne que plusieurs mariages de cantatrices sont justiciables du fétichisme.

[9Quelques auteurs ont prétendu que la musique est immorale. Le motif secret de ce jugement, encore plus bizarre que sévère, se trouve peut-être dans l’ordre de faits dont nous nous occupons en ce moment.

[10Dumont, Théorie scientifique de la sensibilité, p. 181 ; Spencer, Principes de psychologie, t. II, p. 661 et seq.

[11Nous trouverons plus loin d’autres observations où le rôle de l’association des idées est bien plus manifeste.

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