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Portraits de Psychanalystes

BONAPARTE Marie

1882-1962


DATE DE PUBLICATION EN LIGNE : mercredi 1er mai 2002

Marie BONAPARTE (1882-1962)


Psychanalyste française, Marie Bonaparte, bien que née de bonne famille en tant qu’arrière-petite-nièce de Napoléon Bonaparte, semble avoir vécu un véritable calvaire avant de rencontrer S. Freud et la psychanalyse. Sa mère meurt à sa naissance et son père, directeur du musée Guimet à Paris, dont le métier d’anthropologue et de géographe le fait s’absenter régulièrement pour cause de voyage, abandonne son éducation à une grand-mère paternelle tyrannique. A l’âge adulte, elle est mariée contre son gré au Prince Georges de Grèce, alcoolique et homosexuel notoire.

En 1925, au bord du suicide, elle s’adresse à S. Freud sur les conseils de R. Laforgue. A la suite d’un des premiers rêves de sa nouvelle patiente, le maître de Vienne lui révèle, qu’elle a dû, lors de sa toute première enfance, connaître un événement que d’aucuns jugeraient aujourd’hui à haute teneur traumatique. S. Freud affirme en effet qu’elle a dû observer, alors qu’elle était dans son berceau, une scène de coït entre adultes, ce qui paraissait peu vraisemblable à M. Bonaparte dans la mesure où sa mère n’était déjà plus de ce monde à cette époque. Ses recherches personnelles confirmèrent pourtant l’interprétation freudienne et, à partir de ce moment, elle ne cessât de louer le génie de l’inventeur de la psychanalyse.

Outre ses nombreux romans et biographies, M. Bonaparte est en fait surtout connue pour avoir été, avec R. Laforgue, R. Allendy et E. Pichon entre autres, l’un des douze fondateurs de la Société psychanalytique de Paris (SPP) et la principale traductrice de l’œuvre de S. Freud dans la langue de Molière.

S’opposant vigoureusement à la monté en puissance des théories de J. Lacan durant les années cinquante, elle lutta contre la reconnaissance de sa pratique par l’Association internationale de psychanalyse (IPA). J. Lacan, qui la traitait de "cadavre ionescien", lui reprochait en fait d’avoir livré par le biais de ses traductions approximatives, la théorie de S. Freud à la Gestalt américaine, après avoir délivré l’homme des griffes de la Gestapo allemande, et avoir payé, de sa propre bourse, la lourde rançon exigée par les nazis en échange de la vie de l’inventeur de la psychanalyse.

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