Comptes rendus de séminaires de recherche sur la psychanalyse et l’inconscient freudien.
Séminaire 2008-2009
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (30 octobre 2008)
6 novembre 2008, par Guy MASSAT« “Si vous rencontrez le Bouddha, tuez-le !” commande Li Tsi. “Si vous rencontrez vos parents, tuez-les !” Comment ce genre d’impératifs pourraient-ils s’appliquer au conscient ? Ne supposent-ils pas, au contraire, un système inconscient, des formations inconscientes qui nous illusionnent et nous manipulent à notre insu mais que nous pouvons et devons connaître ? Bien sûr, il y a toujours des débiles pour coller à la lettre et prendre l’image pour le mot. C’est pourquoi Lacan engage ses auditeurs “à se méfier de toutes les sottises qui s’empilent sous le registre du Chan et qui peuvent aller jusqu’à l’abus de confiance” (L’objet de la psychanalyse, 1965). On retiendra que le Chan, comme les histoires de Tchouang tseu, le taoïsme, la médecine traditionnelle et, nous le verrons plus loin, l’écriture chinoise distinguent méthodiquement le conscient et l’inconscient. Ce n’est pas leur moindre avantage.
Si Lacan n’est pas allé en Chine c’est parce qu’à son époque le I king, le Chan le Taoïsme et le Confucianisme étaient rejetés frappés de superstitions. Pour des raisons politiques une chape de plomb, venue, on en conviendra, de l’Occident, le marxisme, pesait, telle une montagne, sur l’antique pensée chinoise. Les conditions étaient impossibles pour un discours psychanalytique aux Chinois du genre Lacan et “l’achose” chinoise. C’est qu’en Chinois comme en physique quantique “il n’y a pas de chose” comme l’a montré Bachelard. Il n’y a que des apparitions et des disparitions. Les Chinois appellent ça “l’est-ouest”, l’est c’est l’apparition et l’ouest la disparition. Ainsi “l’achose”, le savoureux néologisme lacanien correspond-t-il à “Kong”, le vide, dans la pensée chinoise : Le Qi Kong c’est l’énergie du vide, le Kong fu c’est l’homme du vide. » (Guy Massat, Huo Datung : La révolution psychanalytique chinoise).
La Topologie et le Temps (VIII)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (26 juin 2008)
8 juillet 2008, par Guy MASSAT« Lacan fait intervenir dans son séminaire des psychanalystes qui sont de fait de grands intellectuels, des universitaires, très honorables, de fins psychologues, mais des psychanalystes désabonnés de l’inconscient, sans connaissance de la pensée chinoise. À leur insu, ils ont provoqués le dernier séminaire de Lacan : “la dissolution”. Dissolution qu’il nous faut entendre comme “dit-solution”, la solution du dit. Car comment pourrait-on au nom du conscient oublier le lalangue ? Les interventions de ces mandarins de la psychanalyse ne s’élèvent pas à la dimension où Lacan situe la topologie. Il n’y a que les passages où ils paraphrasent l’enseignement de Lacan qui pourraient être retenus. Mais ils n’apportent aucune ouverture, aucune avancée, aucune compréhension de ce qu’est le temps, le vide, l’inconscient, le logos et l’ananké. Ils restent des topologues et des psychologues classiques. Didier Weil, Wappereau et Nasio, étaient, sont et restent des intellectuels, des gens d’esprit, et pour faire court : sans aucun accès à la connerie.
Si Lacan n’avait dissout son école, il y aurait sans doute aujourd’hui un diplôme central de psychanalyse. Une mesure du sans mesure. La psychanalyse serait donc réduite à la psychologie, l’inconscient au conscient. On confondrait comme toujours la connerie et l’imbécillité. Il n’y a qu’un diplôme valable en psychanalyse c’est, dit en lalangue : “L’Œdipe l’homme” qu’on passe sur le divan. Avec la dissolution de son école Lacan a produit la dissémination créatrice de son enseignement. Il n’y a de solution que dans le dit de l’inconscient. C’est pourquoi de nos jours nos espoirs se tournent vers la Chine. » (Guy Massat, La Topologie et le temps).
La Topologie et le Temps (VII)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (29 mai 2008)
2 juillet 2008, par Guy MASSAT« Donc au centre du triple trou borroméen, réel, imaginaire et symbolique, se situe le trou de l’objet petit a qui trompe son monde car ce n’est pas un objet du monde mais du m’onde, pourrait-on dire avec une apostrophe. C’est un ob-jet, un jaillissement (jet) devant (ob). En chinois ancien le mot tch’ong se dit à la fois de l’eau jaillissante et du vide (Duyvendak). Ce sinogramme illustre la dynamique éclatante de l’objet petit a. Nous sommes manipulés par notre appétit, par notre « a petit », notre petit a. Nous verrons qu’avec les cinq éclats de son éclatement l’objet petit a possède des relations étroites avec l’antique théorie chinoise des cinq mouvements (qu’on appelle erronément les cinq éléments) : “Les cinq éléments” se nomment en chinois Wu xing. Wu, c’est ici, nous l’avons vu, le chiffre cinq, et xing est : “ce qui marche”. Ce sont cinq types de mouvements, de pulsions, pourrions-nous dire, avec leurs effets d’attraction et d’opposition, d’accélération et de ralentissement, et de blocage. Ces cinq formes dynamiques doivent être comprises à partir de leurs fonctions.
Ce sont : Le bois, la terre, l’eau, le feu, et le métal.
Le “rien” par efficacité du trou constructeur correspond au bois (la hylé en grec). La terre c’est les fèces. L’eau c’est le sein. Le feu c’est le regard et le métal la voix (en chinois c’est beaucoup plus explicite qu’en français). C’est Lao tseu qui, le premier, a fait remarquer que le trou est constructeur (XI) : “C’est le vide central des roues qui fait leur utilité. Les vases sont faits d’argile mais c’est leur vide qui permet à la fois de les remplir et de les désemplir. Les portes et les fenêtres sont les perforations qui rendent les maisons habitables. Les choses ne sont précieuses que par le rien qui les rend utile”. Nos cinq sens sont des trous. Nos failles fondamentales sont ce par quoi nous existons. Nous ne vivons, nous ne sommes construits que par nos trous. On mange on défèque, on parle, on écoute on regarde etc. tout va bien quand ça circule mais les angoisses et les dépressions surgissent dès qu’un “rien” est obstrué, bloqué, fermé, bouché. Dans le système inconscient le trou précède ses bords. » (Guy Massat, La Topologie et le temps).
La Topologie et le Temps (VI)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (24 avril 2008)
30 avril 2008, par Guy MASSAT
La Topologie et le Temps (V)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (27 mars 2008)
31 mars 2008, par Guy MASSAT
La Topologie et le Temps (IV)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (28 février 2008)
5 mars 2008, par Guy MASSAT
La Topologie et le Temps (III)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (31 janvier 2008)
6 février 2008, par Guy MASSAT
La Topologie et le Temps (II)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (29 novembre 2007)
2 décembre 2007, par Guy MASSAT
La Topologie et le Temps (I)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (25 octobre 2007)
27 octobre 2007, par Guy MASSAT
Psychanalyse et Mythologie (IX)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (28 juin 2007)
5 juillet 2007, par Guy MASSAT
Psychanalyse et Mythologie (VIII)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (31 mai 2007)
2 juin 2007, par Guy MASSAT
Psychanalyse et Mythologie (VII)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (26 avril 2007)
29 avril 2007, par Guy MASSAT
Psychanalyse et Mythologie (VI)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (29 mars 2007)
7 avril 2007, par Guy MASSAT
Psychanalyse et Mythologie (V)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (22 février 2007)
27 février 2007, par Guy MASSAT
Psychanalyse et Mythologie (IV)
Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (27 janvier 2007)
3 février 2007, par Guy MASSAT
Psychanalyse et Mythologie (III)
Texte de l’intervention au Cercle psychanalytique de Paris (30 novembre 2006)
16 décembre 2006, par Guy MASSAT
Psychanalyse et Mythologie (II)
Texte de l’intervention au Cercle psychanalytique de Paris (30 octobre 2006)
10 décembre 2006, par Guy MASSAT
Psychanalyse et Mythologie (I)
Texte de l’intervention au Cercle psychanalytique de Paris (26 octobre 2006)
11 novembre 2006, par Guy MASSAT