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Revue du Web

Dernier ajout – dimanche 23 septembre 2007.

Articles d’actualité proposés sur le web concernant la psychanalyse et l’inconscient freudien.


  • Latribunedelart.com

    Gustave Moreau et Œdipe

    par Jean-David Jumeau-Lafond

    23 septembre 2007

    « Si la figure d’Œdipe se voit érigée en symbole de l’artiste, ce n’est donc plus de la vie humaine qu’il est question dans l’épreuve du passage devant le Sphinx ; reste donc une autre vie, celle du travail accompli. Sous la figure idéalisée du jeune homme paisible à la tête penchée et au regard serein (un regard en coin d’ailleurs étrangement complice avec le spectateur), c’est bien le peintre arrivé à la fin de son existence qui apparaît ainsi soucieux d’affronter “l’épreuve triomphante ou fatale” qui doit décider de l’oubli ou de la survie de son œuvre. Le Sphinx serait alors comme une image de la postérité, le jugement porté sur un destin artistique après cette “grande montée” qu’est une vie et une carrière de peintre. Les artistes se partagent donc bien, aux yeux de Moreau, en faibles voués à la mort et en forts qui peuvent triompher d’elle. Il ne fait guère de doute, si l’on en juge par la sérénité de son ultime Œdipe, que le peintre était conscient d’appartenir à ces derniers.
    Tout au long de son existence, Gustave Moreau aura ainsi identifié le pays où l’on peint avec les « grands rochers thébains » et le repaire du monstre, image s’il en fut de la difficulté d’œuvrer mais aussi vision pénétrante, ainsi que l’écrivait Marcel Proust, de cette âme qui n’est autre que “sa patrie véritable, mais où il ne vit que de rares moments” » (Jean-David Jumeau-Lafond, latribunedelart.com).

  • Multitudes.samizdat.net

    Deleuze avec Masoch

    par Eric Alliez

    4 juillet 2007

    « Sachant la scène française hantée par l’inflation du “texte sadien” dont la pornographique autonomie (“ livre textuel, tissé de pure écriture”) s’élance en sado-modernisme, Deleuze y acquiert autonomie de sa différence aux nouveaux maîtres (nous sommes en 1967) dans “Un manifeste de moins” (…) dont le titre se lit : Présentation de Sacher-Masoch. Le froid et le cruel. Grâce et disgrâce mêlées (grâce d’une non-conformité à la psychanalyse, disgrâce d’une conciliation possible avec elle plus tard dénoncée…), le livre venait de loin, depuis ce premier article intitulé “De Sacher-Masoch au masochisme”, publié en 1961, par lequel le philosophe inaugurait sa critique clinique en la superposant à la symptomatologie nietzschéenne (en cours de ré-élaboration). Jouant Jung contre Freud, le diagnostic déjà était sans appel : “il semble fort douteux que l’image de Père, dans le masochisme, ait le rôle que Freud lui prête. La psychanalyse freudienne en général souffre d’une inflation du père”. La Présentation de Sacher-Masoch réactualise le propos en prenant en compte le “retour’ de Lacan aux textes freudiens, où ça parle au Nom du Père. (…) Pour les malentendants des coups définitifs ainsi portés au père, puisque “ce n’est pas un enfant, c’est un père qui est battu”, et c’est un masochiste qui, par ce coup, est rendu “libre pour une nouvelle naissance où le père n’a aucun rôle” et le signifiant non plus » (Eric Alliez, Samizdat.net).

  • Multitudes.samizdat.net

    De Sacher-Masoch au masochisme

    par Gilles Deleuze

    4 juillet 2007

    « Sacher-Masoch (1835-1895), naquit en Galicie, à Lemberg. Ascendances espagnole et bohémienne. Famille de fonctionnaires sous l’empire austro-hongrois. Son père fut directeur de la police de Lemberg. Le thème de la police hantera l’œuvre de Masoch. Mais surtout le problème des minorités (juive, petite-russienne, etc.) sera une de ses sources principales d’inspiration. Masoch participe de la grande tradition du romantisme allemand. Il conçut son œuvre, non pas comme perverse, mais comme générique et encyclopédique. Vaste cycle qui devait constituer une histoire naturelle de l’humanité, sous le titre général : Le Legs de Caïn. Des six parties prévues (l’amour, la propriété, l’argent, l’État, la guerre, la mort), il acheva les deux premières. Mais déjà l’amour, selon lui, ne se sépare pas d’un complexe culturel, politique, social et ethnologique. Les goûts amoureux de Masoch sont célèbres. Le muscle lui semble une matière essentiellement féminine. Il voulait que la femme aimée eût des fourrures et un fouet. La femme aimée n’est nullement sadique par nature, mais elle est lentement persuadée, dressée pour sa fonction. Il se voulait lié à elle par un contrat aux clauses précises ; une de ces clauses l’amenait souvent à se déguiser en domestique et à changer de nom. Entre lui et la femme aimée il souhaitait de toutes ses forces l’intervention d’un tiers, et la suscitait. La Vénus à la fourrure, son roman le plus célèbre, expose un contrat détaillé. Son biographe Schlichtegroll, puis Krafft-Ebing reproduisent d’autres exemples de contrats de Masoch (cf. Psychopatia Sexualis, p. 238-240). C’est Krafft-Ebing qui, en 1869, donna le nom de masochisme à une perversion : au plus grand déplaisir de Masoch lui-même. Sacher-Masoch ne fut pas un auteur maudit. Il fut honoré, fêté et décoré. Il fut célèbre en France (réception triomphale, légion d’honneur, Revue des Deux Mondes). Mais quand il mourut, il souffrait de l’oubli dans lequel était déjà tombée son œuvre. » (Gilles Deleuze, « De Sacher-Masoch au masochisme », Multitudes.samizdat.net).

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