Richard von Krafft-Ebing, Études médico-légales : Psychopathia Sexualis. Avec recherche spéciales sur l’inversion sexuelle, Traduit sur la 8e édition allemande par Émile Laurent et Sigismond Csapo, Éd. Georges Carré, Paris, 1895.
Richard von Krafft-Ebing
Psychopathia Sexualis : III. — Neuro-Psychopathologie générale
6 mai 2008« Verzeni déclara lui-même qu’il deviendrait bon si on le tenait enfermé ; car, rendu à la liberté, il ne pourrait pas résister à ses envies. Verzeni a été condamné aux travaux forcés à perpétuité. (Lombroso, Verzeni e Agnoletti. Roma, 1873.)
Les aveux faits par Verzeni après sa condamnation sont très intéressants :
“J’éprouvais un plaisir indicible quand j’étranglais des femmes ; je sentais alors des érections et un véritable désir sexuel. Rien que de renifler des vêtements de femme, cela me procurait déjà du plaisir. La sensation de plaisir que j’éprouvais en serrant le cou d’une femme était plus grande que celle que me causait la masturbation. En buvant le sang du pubis, j’éprouvais un grand bonheur. Ce qui me faisait encore beaucoup de plaisir, c’était de retirer de la chevelure des assassinées les épingles à cheveux. J’ai pris les vêtements et les viscères pour avoir le plaisir de les renifler et de les palper. Ma mère, finalement, s’aperçut de mes agissements, car, après chaque assassinat ou tentative d’assassinat, elle apercevait des taches de sperme sur ma chemise. Je ne suis pas fou ; mais, au moment d’égorger, je ne voyais plus rien. Après la perpétration de l’acte, j’étais satisfait et me sentais bien. Jamais l’idée ne m’est venue de toucher ou de regarder les parties génitales. Il me suffisait d’empoigner le cou des femmes et de sucer leur sang. J’ignore encore aujourd’hui comment la femme est faite. Pendant que j’étranglais et aussi après, je me pressais contre le corps de la femme, sans porter mon attention sur une partie du corps plutôt que sur l’autre.”
V… a été amené seul à ses actes pervers après avoir remarqué, à l’âge de douze ans, qu’il éprouvait un plaisir étrange toutes les fois qu’il avait des poulets à tuer. Voilà pourquoi il en avait tué alors en quantité, alléguant qu’une belette avait pénétré dans la basse-cour. » (Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis).
Richard von Krafft-Ebing
Psychopathia Sexualis : III. — Neuro-Psychopathologie générale
5 mai 2008« Les actes sadistes diffèrent selon le degré de leur monstruosité, selon l’empire du penchant pervers sur l’individu qui en est atteint, ou bien selon les éléments de résistance qui existent encore, éléments qui, cependant, peuvent être plus ou moins affaiblis par des défectuosités éthiques originelles, par la dégénérescence héréditaire, par la folie morale.
Ainsi naissent une longue série de formes qui commencent par les crimes les plus graves et qui finissent par des actes puérils qui n’ont d’autre but que d’offrir une satisfaction symbolique au besoin pervers du sadiste.
On peut encore classer les actes sadiques selon leur genre. Il faut alors distinguer s’ils ont lieu après la consommation du coït dans lequel le libido nimia n’a pas été satisfait, ou si, dans le cas d’affaiblissement de la puissance génésique, ils servent de préparatifs pour la stimuler, ou si enfin, dans le cas d’une absence totale de la puissance génésique, les actes sadiques doivent remplacer le coït devenu impossible et provoquer l’éjaculation. Dans les deux derniers cas, il y a, malgré l’impuissance, un libido violent, ou du moins ce libido subsistait chez l’individu à l’époque où il a constaté l’habitude des actes sadiques. L’hyperesthésie sexuelle doit toujours être considérée comme la base des penchants sadistes. L’impuissance si fréquente chez les individus psycho-névropathiques dont il est ici question, à la suite d’excès faits dès la première jeunesse, est ordinairement de la faiblesse spinale. Quelquefois il se peut qu’il y ait une sorte d’impuissance psychique par la concentration de la pensée vers l’acte pervers, à côté duquel alors l’image de la satisfaction normale s’efface.
Quel que soit le caractère extérieur de l’acte, pour le comprendre il est essentiel d’examiner les dispositions perverses de l’âme et le sens du penchant de l’individu atteint. » (Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis).
Richard von Krafft-Ebing
Psychopathia Sexualis : III. — Neuro-Psychopathologie générale
22 avril 2008« À partir de l’époque de la puberté, l’instinct sexuel monte rapidement à une intensité considérable ; il est très puissant entre 20 et 40 ans, il diminue ensuite lentement. La vie conjugale paraît conserver et régler l’instinct.
Les changements répétés d’objet dans la satisfaction sexuelle augmentent les désirs. Comme la femme a moins de besoins sexuels que l’homme, une augmentation de ces besoins chez elle doit toujours faire supposer un cas pathologique, surtout quand ils se manifestent par l’amour de la toilette, par la coquetterie ou même par l’andromanie, et font dépasser les limites tracées par les convenances et les bonnes mœurs.
Dans les deux sexes, la constitution physique joue un rôle important. Souvent une constitution névropathique s’accompagne d’une augmentation morbide du besoin sexuel ; des individus atteints de cette défectuosité souffrent pendant une grande partie de leur existence et portent péniblement le poids de cette anomalie constitutionnelle de leur instinct. Par moments la puissance de l’instinct sexuel peut acquérir chez eux l’importance d’une mise en demeure organique et compromettre sérieusement leur libre arbitre. La non-satisfaction du penchant peut alors amener un véritable rut ou un état psychique plein d’angoisse, état dans lequel l’individu succombe à son instinct : alors sa responsabilité devient douteuse.
Si l’individu ne succombe pas à la violence de son penchant, il court risque d’amener, par une abstinence forcée, son système nerveux à la neurasthénie ou d’augmenter gravement une neurasthénie déjà existante. » (Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis).
Richard von Krafft-Ebing
Psychopathia Sexualis : III. — Neuro-Psychopathologie générale
22 avril 2008
Richard von Krafft-Ebing
Psychopathia Sexualis : III. — Neuro-Psychopathologie générale
12 avril 2008
Richard von Krafft-Ebing
Psychopathia Sexualis : II. — Faits physiologiques
10 avril 2008
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Psychopathia Sexualis : II. — Faits physiologiques
9 avril 2008
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8 avril 2008
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Psychopathia Sexualis : II. — Faits physiologiques
4 avril 2008
Richard von Krafft-Ebing
Psychopathia Sexualis : I. — Fragments d’un psychologie de la vie sexuelle
25 mars 2008
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Psychopathia Sexualis : I. — Fragments d’un psychologie de la vie sexuelle
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Psychopathia Sexualis : I. — Fragments d’un psychologie de la vie sexuelle
12 mars 2008
Richard von Krafft-Ebing
Études médico-légales : Psychopathia Sexualis (Préface)
12 mars 2008