Bibliothèque des textes fondamentaux de la psychologie.
Dimitry Stefanowsky
Archives de l’Anthropologie criminelle (1892)
31 janvier 2008« Le passivisme moral consiste surtout en humiliations et avilissements devant une femme. On y doit mentionner aussi les goûts pervers pour les sécrétions du corps féminin, les cunnilingus, les stercoraires (Taxil, La prostitution contemporaine), les renifleurs (Tardieu), etc. Je connais un vieux négociant russe qui venait souvent dans une maison publique et largement régalait les filles, qui devaient cracher dans un verre, après quoi il avalait ces crachats avec énorme plaisir. Il arrive quelquefois que le passivisme est accompagné de l’inversion du sens génital. Alors le malade adore non plus une femme, mais un homme. En ce cas, le passiviste devient un fellateur, comme dit Tardieu : “Congnomine, pompeur de dard, sive, de nœud (id est turpissima penis significatio designantur ii qui labia et oscula obscœnis blanditis prœbent.” Le Dr Luiz, dans un livre intitulé Les fellatores. Moeurs de la décadence, Paris, 1888, Union des bibliophiles, a merveilleusement décrit cette variété des passivistes, dont le plus grand plaisir consiste dans une humiliation inouïe et presque incroyable. Je renvoie le lecteur à cette étude du Dr Luiz, à laquelle je puis ajouter deux exemples de ma connaissance, d’un officier et d’un gentilhomme russe qui prodiguaient ces sales caresses à des nouveaux conscrits et à de jeunes paysans.
Le passivisme physique est évident dans le cas de Rousseau, comme dans celui du Dr Tarnowsky. Le Dr Cox, à Colorado, en Amérique, a communiqué un fait du même genre, (Voir Alienist and Neurologist, 1883, April, p . 345.) Il raconte qu’il a observé un certain individu, heureux père de famille, qui fréquente chaque semaine une maison publique, et après avoir choisi deux ou trois filles, les plus fortes et les plus lourdes, ôte sa chemise, se couche à la renverse sur le plancher et ordonne à ces filles de le fouler et de l’écraser avec les pieds. Après deux ou trois heures de pareils tourments et humiliations il se lève et s’en va.
Les faits de ce genre nous démontrent que la flagellation passive, un moyen bien connu et pratiqué par tous les débauchés, agit surtout psychiquement et pas du tout physiologiquement. Ou a toujours cru que cette flagellation augmente l’afflux du sang aux fesses et y produit une surexcitation nerveuse des nerfs dorsaux et cruraux. Selon moi, cette surexcitation est produite par l’idée seule de dépendance, de la suggestion absolue devant nue femme irritée. Le passiviste fait abdication de sa volonté au profit du sujet aimé ; il veut devenir son esclave, sa chose. Il veut être employé à des plus viles besognes, il veut qu’on le batte, le fouette. Il ne trouve d’ordinaire que des prostituées mercenaires qu’il achète avec son argent, mais son rêve, son idéal suprême serait de trouver une femme sadiste qui le tourmenterait pour son propre plaisir. Il serait heureux de trouver un bourreau véritable, pas fictif, qui éprouverait une volupté en lui infligeant la douleur ; il s’adonnerait corps et âme à un pareil marquis de Sade féminin. » (Dimitry Stefanowsky, Le Passivisme).
Nicolas Kostyleff
Revue philosophique de la France et de l’Étranger (1915)
16 mai 2007« Il est vrai que dans sa si intéressante auto-biographie qui a vu le jour en 1890, Henri Beyle convient avoir eu un attachement sensuel à sa mère et une haine pour son père, comme ne pourrait le demander mieux un adepte de Freud. “Ma mère, dit-il, était une femme charmante et j’étais amoureux de ma mère… Je voulais couvrir ma mère de baisers et qu’il n’y ait pas de vêtements. Elle m’aimait à la fureur et m’embrassait souvent, je lui rendais ces baisers avec un tel feu qu’elle était comme obligée de s’en aller. J’abhorrais mon père quand il venait interrompre mes baisers, je voulais toujours les lui donner à la gorge.…” Et plus loin : “J’étais aussi criminel que possible, j’aimais ses charmantes faveurs. Un soir, comme par quelque hasard on m’avait mis coucher dans sa chambre par terre sur un matelas, cette femme vive et légère comme une biche sauta par-dessus mon matelas pour atteindre plus vite à son lit…” Que peut-il y avoir de plus suggestif que cet aveu avec ses réticences ? Il faut ajouter que cette oeuvre est un véritable essai de psycho-analyse, car non seulement elle a été écrite avec une franchise absolue — comme le prouvent certaines révélations et le style même de l’auteur — celui-ci s’y est encore imposé des efforts de mémoire qui rappellent tout à fait la technique de Freud » (Nicolas Kostyleff, Sur la formation du complexus érotique dans le sentiment amoureux).
André Raffalovich
Archives d’Anthropologie criminelle (1907)
18 avril 2007« À mesure que son masochisme devenait plus envahissant, il exhibait Wanda, sa Vénus en fourrures, son Amazone, dans des costumes de plus en plus impossibles. Bientôt elle dut le cravacher pour empêcher la bonne de le faire, puis, pour que ses romans ne deviennent pas la proie de son imagination monotone.
Comme il était fétichiste de la fourrure, elle devait, même en été, revêtir une pelisse avant de le maltraiter.
Si elle refusait de jouer à la despote tyrannique et voluptueuse, cruelle et libertine, il se vengeait en cessant d’écrire pendant des mois et alors, pour les enfants qu’elle adorait, c’était la misère, la faim, pour elle des soucis insupportables. Seulement, tout ce dévergondage domestique, ces interminables conversations, tous ces projets de masochisme ne suffisaient pas. Il voulut à toute force qu’elle cut un amant, beau, énergique, riche, à qui Wanda devait faire cadeau du mari. Femme et amant devaient le maltraiter ensemble. Il voulait se sentir esclave et jouir de qu’il prétendait être l’aiguillon de la jalousie » (André Raffalovich, Deux masochistes).
Anatole France
Le Temps, 1887
29 octobre 2005
Hippolyte Bernheim
L’Hystérie, Paris, Octave Doin et fils éditeurs, 1913
24 juillet 2004
Joseph Delbœuf
À propos d’un cas de manie homicide guérie par suggestion (1893)
27 décembre 2003
Hippolyte Bernheim
Paris, Éd. DOIN, 1884
2 août 2003
Alfred Binet
Études de psychologie expérimentale, Éd.DOIN, Paris, 1888
12 juillet 2003