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Psychanalyse et Mythologie

Dernier ajout – jeudi 5 juillet 2007.

Textes des séminaires de Guy Massat sur « Psychanalyse et Mythologie » (année 2006-2007).


  • Psychanalyse et Mythologie (IX)

    D’Oreste à Lacan

    Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (28 juin 2007)

    5 juillet 2007, par Guy MASSAT

    « L’invisibilité fut un art martial inventé et pratiqué par Boddhi Dharma. C’est la technique de la poussée du vide, ce par quoi l’inconscient conquiert sans être remarqué. Ce n’est autre que l’art du lapsus, c’est-à-dire l’art de la bifurcation. Le lapsus est ce qui brise le sens de la langue de bois ou autres lalangues. Par exemple, exemple authentique, un journaliste annonce à la radio au lieu de “Le pape est mort”. Il s’agissait de Jean XXIII : “le pope est mart” (le Pope ?) Voulant se rattraper il poursuit : “Oui, le Saint-Mère est port”…
    Quel était donc, de ce journaliste, le nouage avec son grand Autre, avec Dieu, avec son père, sa mère son moi, son surmoi, etc. ? “Gardons-nous de préjuger quoique ce soit sans pouvoir l’interroger”, nous conseillerait Freud. Après tout, on est libre d’assumer ce qu’on dit : “le Saint-Mère est port”, ça sonne d’ailleurs très bien, pour peu qu’on s’y arrête ! Cela sonne comme “le sein de la mère est un porc”. Et n’est-il pas vrai que tout est bon dans le cochon ?
    La radio dit parfois des choses qui donnent à penser… Le lapsus, expliquent les savants, jaillirait dans la langue conventionnelle par inadvertance. Il s’en produirait en moyenne un tous les 600 ou mille mots, ont comptés les neurosciences cherchant à comprendre les mécanismes de la chimie cérébrale. Mais c’est l’inverse. La chimie cérébrale est produite par l’inconscient, l’inconscient qui parle, le trou, le vide qui parle. Le lalangue, la langue consciente, elle, se forme toujours à la manière d’une langue de bois, taillée dans le bois. » (Guy Massat, D’Oreste à Lacan).

  • Psychanalyse et Mythologie (VIII)

    Oreste et le meurtre de la mère

    Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (31 mai 2007)

    2 juin 2007, par Guy MASSAT

    « L’Autre, le grand Autre, le grand A est ce dont nous devons nous débarrasser dans l’inconscient. La lettre A a pour étymologie “vache” ou “taureau”. Le grand A est donc, d’une certaine manière, la grande vache ou le taureau à abattre. C’est une sorte de matrice, de mère, qui nous englobe telle une coquille d’œuf : résistances à briser. Mais cette coquille est dure comme celle d’un œuf d’autruche dont on sait qu’on ne peut la casser qu’à coup de marteau.
    Vous connaissez l’histoire des femelles autruches poursuivies par des mâles en rut. Elles fuient jusqu’à l’extrémité d’une falaise d’où il n’y a plus aucun chemin pour continuer leur course. Alors, comme le font toutes les autruches, elles enfouissent leur tête dans le sable. Et quand les mâles arrivent, ils s’étonnent tous, conformément à leur code, conformément à leur grand A, en s’interrogeant stupidement : “Mais où sont-elles passées, où sont-elles donc passées ?”
    Tel est le grand Autre dans l’inconscient, on le fait exister en se sacrifiant, en cédant sur son désir au nom de quelque code plus ou moins comique et illusoire. C’est, dit Lacan à propos de l’angoisse : “le sujet autruchifié dans sa structure de fiction”. Il dit aussi : “je t’autrifie ou je t’autruche” » (Guy Massat, Oreste Oreste et le meurtre de la mère).

  • Psychanalyse et Mythologie (VII)

    Narcisse, les douze dieux de l’Olympe et le non-moi

    Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (26 avril 2007)

    29 avril 2007, par Guy MASSAT

    « Dans cette relation en miroir, le langage fait la navette entre le réel (le vide) et l’imaginaire, ce masque interchangeable que nous portons. Dans la cure psychanalytique l’analysant parlant de ses fantasmes les plus intimes en arrive finalement à perdre la face, son moi, son image en faveur du sujet, en une métamorphose narcissique qui est la mort de l’image en faveur du langage.
    Comme nous ne sommes, en profondeur, que du langage, l’identification de signifiant précède l’identification narcissique qui ne relève que de l’image. Le je est ce qui diffère continuellement de l’image de lui—même. “Je est un autre” comme l’avait vu Rimbaud. Un autre toujours autre que l’image qu’il présente..
    “L’homme, nous dit Lacan, peut dire : je suis celui qui sait que je suis, mais il ne sait pas qui est je”. Or le je c’est le sujet de l’inconscient. Le sujet ne se définit plus à partir du conscient mais de l’inconscient. Donc pour nous résumer il y a le stade du miroir (le bébé n’a pas d’image unifiée de son corps, il est morcelé. Par le miroir il se rassemble en un moi). Ce narcissisme est appelé par Freud auto-érotique, mais, il va bifurquer vers une autre forme de narcissisme au moment où la libido s’investit non plus sur elle-même mais sur des figures extérieures au moi, moi idéal et idéal du moi. C’est le narcissisme secondaire. Ainsi disions-nous que Narcisse voyait dans son miroir l’un ou l’autre des douze dieux de l’Olympe. Mais c’est dans le meilleur des cas, s’il y a pétrification identitaire, c’est la folie » (Guy Massat, Psychanalyse et mythologie).

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