Daniel Paul Schreber, Mémoires d’un névropathe (Denkwürdigkeinten eines Nervenkranken, Oswald Mutze, Leipzig, 1903).
Daniel Paul SCHREBER
Mémoires d’un névropathe (chapitre XV)
27 novembre 2004« Comme je l’ai déjà dit, les oiseaux étonnants ne comprennent pas le sens des mots qu’ils disent ; toutefois, il semble qu’ils soient naturellement ultra réceptifs aux sons en tant que sons. Car tandis qu’ils sont encore occupés à travailler au caquetage des phrases apprises de mémoire, aussitôt que ces oiseaux étonnants entendent des sons qui ressemblent de près ou de loin à ceux des mots qu’ils sont en train de prononcer (décharger), soit exactement le même son ou des sons qui sont approximativement les mêmes, et peu importe si ces oscillations proviennent soit de mes propres nerfs (mes pensées) soit du bavardage qui se tient dans mes environs, hé bien cela produit apparemment chez eux une conséquence pour le moins surprenante laquelle est d’être littéralement aspiré par cette similitude de son et de tomber ainsi dans un état de surprise tel qu’ils en oublient le reste des phrases qu’ils doivent encore caqueter et acceptent subitement d’éprouver un sentiment véritable » (D. P. Schreber, Mémoires d’un névropathe).
Daniel Paul SCHREBER
Mémoires d’un névropathe (Chapitre IV)
20 mars 2004« Les premières véritables mauvaises nuits, où j’ai quasiment, totalement perdu le sommeil, sont survenues au cours des derniers jours du mois d’octobre ou au cours des premiers jours du mois de novembre. Un étrange phénomène s’est alors en même temps produit. Durant plusieurs nuits, au cours desquelles je n’ai jamais pu trouver de sommeil, faisait retour, chaque fois que j’étais sur le point de m’endormir d’un sommeil profond, à plus ou moins longs intervalles, un craquement dans la paroi de notre chambre à coucher, lequel faisait régulièrement retour pour m’éveiller à nouveau. Nous pensions alors naturellement à une souris, bien qu’il doive apparaître pour le moins assez surprenant, qu’une souris puisse se faufiler jusqu’aux planchers d’un premier étage d’une solide bâtisse » (D. P. Schreber, Mémoires d’un névropathe).
Daniel Paul SCHREBER
Mémoires d’un névropathe
13 mars 2004« En commençant ce travail, jamais je n’aurais pensé à le publier. Ce n’est qu’au fur et à mesure de sa progression seulement, que cette idée s’est imposée à moi. Je ne me suis pas caché les objections qui semblent venir s’opposer à cette publication : il s’agit, notamment, de considérations sur différentes personnes encore en vie actuellement. Mais d’un autre côté, je pense qu’il pourrait être utile pour la science et pour la mise à jour des vérités religieuses, si de mon vivant, les principaux intéressés avaient accès à mon destin personnel et pouvaient être autorisés à faire des observations sur mon corps. Ce sont ces considérations qui doivent primer sur toutes autres considérations personnelles » (D. P. Schreber, Mémoires d’un névropathe).