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Les Farfadets

Dernier ajout – mercredi 7 février 2007.

Berbiguier de Terre-Neuve du Thym, Les Farfadets ou Tous les démons ne sont pas de l’autre monde, Paris, 1821.


  • Berbiguier de Terre-Neuve du Thym

    Quelques détails sur ce qui m’est arrivé pendant mon enfance

    Les Farfadets (Chapitre LXXXI à LXXXVII)

    7 février 2007

    « Si j’ai commencé cet ouvrage par les événements qui me sont survenus depuis que je suis majeur, je ne dois pas laisser ignorer à mes lecteurs ce qui m’est arrivé pendant les premiers instants de ma vie. Le tempérament de ma mère ne lui permit pas de me nourrir de son lait ; elle me confia aux soins d’une nourrice qui, pour sa commodité, me laissait dans le lit, ou bien me plaçait dans une petite chaise, comme font presque toutes les nourrices pour se débarrasser des enfants, auxquels elles ne tiennent que par l’argent qu’on leur paie pour fournir leur sein mercenaire.
    L’absence des soins maternels doit nécessairement influer sur le physique des enfants. C’est ce qui m’arriva. Lorsque ma nourrice m’eut sevré, elle me rendit à ma mère, qui fut bien surprise de me voir estropié ; mes autres parents ne le furent pas moins : il fallut, pour me tirer de ce déplorable état, employer tous les secours de l’art ; mais ils furent infructueux, car jusqu’à l’âge de neuf ans je restai dans cette douloureuse situation, au grand chagrin de toute ma famille.
    Deux ans après ma naissance, ma mère eut un autre fils (…) Mon frère, dont la santé et l’intelligence faisait l’espoir de ma famille, tomba malade avant d’avoir atteint sa septième année ; il mourut en très peu de temps, malgré tous les soins qu’on eut de lui dans le cours de sa maladie. Les Esculapes qui le soignaient, disaient, en parlant de moi : Quant à celui-ci, vous pouvez lui donner tout ce qu’il voudra ; mais ne comptez pas sur lui, car vous pouvez lui préparer son suaire. Soit dit en passant, je crois que presque tous les médecins sont des farfadets » (Berbiguier de Terre-Neuve du Thym, Les Farfadets).

  • Berbiguier de Terre-Neuve du Thym

    Sur l’influence des planètes

    Les Farfadets (Chapitre LXXI à LXXX)

    31 janvier 2007

    « J’ai longtemps entretenu mes lecteurs des planètes, sans leur avoir donné la définition de ces corps impalpables, et souvent très malfaisants et très dangereux. Autrefois on n’en comptait que sept ; mais aujourd’hui on en remarque douze, qui, toutes, d’après les volontés du grand architecte de l’univers, ont leur mouvement, leur attribution et leur pouvoir. Voici quelques observations qui me sont fournies par mon érudition astronomique. Je ne suis pas toujours de l’avis des savants. Souvent, quand je me les compare, ils ne sont à mes yeux que des sots.
    Le soleil et la lune sont les planètes qui ont le plus d’influence sur la terre, en raison de leur force ou de leur proximité. Le soleil, considéré comme un globe de feu, est la planète la plus vivifiante. Les peuples anciens, qui n’avaient aucune religion, l’adoraient comme leur dieu ; et il y a encore beaucoup de gens qui disent que ces peuples là avaient raison. Cette planète avait, dit-on, par son influence, le droit de diriger toutes nos actions, parce qu’elle préside sur nos facultés intellectuelles, sans lesquelles l’homme ne peut penser, réfléchir, ni se mouvoir. Je ne sais si elle a conservé ce droit depuis que la religion nous apprend à n’avoir de recours qu’en Dieu, comme mobile de toutes nos actions » (Berbiguier de Terre-Neuve du Thym, Les Farfadets).

  • Berbiguier de Terre-Neuve du Thym

    Une Demoiselle me jette un sort en me touchant les deux cuisses

    Les Farfadets (Chapitre LXI à LXX)

    17 janvier 2007

    « Je veux encore citer une chose singulière qui m’arriva dans le courant de l’été 1818. Je me trouvais en société ; plusieurs dames de ma connaissance étaient rassemblées ; l’une d’elles, qui était encore demoiselle, ayant fait tomber la conversation sur ce qui me regardait, me dit : M. Berbiguier, je vais vous donner un bon moyen pour vous mettre à l’abri des maux que vous éprouvez. Flatté d’un si doux espoir, je la priai de s’expliquer. Elle me dit que je devrais m’occuper de faire la cour aux dames, de quitter mes chimères et de me dévouer au beau sexe. À ces mots je jetai un cri d’indignation. Moi ! lui dis-je, me mettre de votre côté ! Grand Dieu ! Quelle proposition ! Vous voulez que je souille d’un crime énorme une vie sans tache, j’aimerais mieux supporter l’esclavage où me retiennent les infâmes farfadets que de céder à vos criminelles propositions. Elle me dit, en me regardant fixement : En ce cas, vous souffrirez longtemps, je vous le prédis. Elle joignit à cette prédiction la malice d’avancer la main sur ma cuisse ; mais je ne sentis pas alors l’effet de son attouchement. La conversation continua sur d’autres sujets. Quelques instants après, je m’en fus avec deux de mes amis. À peine fus-je dehors, que je commençai à ressentir une petite douleur à la place même où cette demoiselle avait posé le bout de son doigt. » (Berbiguier de Terre-Neuve du Thym, Les Farfadets).

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