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La Topologie et le temps

Dernier ajout – mardi 8 juillet 2008.

Textes des séminaires de Guy Massat sur « La Topologie et le temps » (année 2007-2008).


  • La Topologie et le Temps (VIII)

    La dit-solution : L’objet a “à la portée des caniches”

    Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (26 juin 2008)

    8 juillet 2008, par Guy MASSAT

    « Lacan fait intervenir dans son séminaire des psychanalystes qui sont de fait de grands intellectuels, des universitaires, très honorables, de fins psychologues, mais des psychanalystes désabonnés de l’inconscient, sans connaissance de la pensée chinoise. À leur insu, ils ont provoqués le dernier séminaire de Lacan : “la dissolution”. Dissolution qu’il nous faut entendre comme “dit-solution”, la solution du dit. Car comment pourrait-on au nom du conscient oublier le lalangue ? Les interventions de ces mandarins de la psychanalyse ne s’élèvent pas à la dimension où Lacan situe la topologie. Il n’y a que les passages où ils paraphrasent l’enseignement de Lacan qui pourraient être retenus. Mais ils n’apportent aucune ouverture, aucune avancée, aucune compréhension de ce qu’est le temps, le vide, l’inconscient, le logos et l’ananké. Ils restent des topologues et des psychologues classiques. Didier Weil, Wappereau et Nasio, étaient, sont et restent des intellectuels, des gens d’esprit, et pour faire court : sans aucun accès à la connerie.
    Si Lacan n’avait dissout son école, il y aurait sans doute aujourd’hui un diplôme central de psychanalyse. Une mesure du sans mesure. La psychanalyse serait donc réduite à la psychologie, l’inconscient au conscient. On confondrait comme toujours la connerie et l’imbécillité. Il n’y a qu’un diplôme valable en psychanalyse c’est, dit en lalangue : “L’Œdipe l’homme” qu’on passe sur le divan. Avec la dissolution de son école Lacan a produit la dissémination créatrice de son enseignement. Il n’y a de solution que dans le dit de l’inconscient. C’est pourquoi de nos jours nos espoirs se tournent vers la Chine. » (Guy Massat, La Topologie et le temps).

  • La Topologie et le Temps (VII)

    L’objet petit a… o (tao)

    Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (29 mai 2008)

    2 juillet 2008, par Guy MASSAT

    « Donc au centre du triple trou borroméen, réel, imaginaire et symbolique, se situe le trou de l’objet petit a qui trompe son monde car ce n’est pas un objet du monde mais du m’onde, pourrait-on dire avec une apostrophe. C’est un ob-jet, un jaillissement (jet) devant (ob). En chinois ancien le mot tch’ong se dit à la fois de l’eau jaillissante et du vide (Duyvendak). Ce sinogramme illustre la dynamique éclatante de l’objet petit a. Nous sommes manipulés par notre appétit, par notre « a petit », notre petit a. Nous verrons qu’avec les cinq éclats de son éclatement l’objet petit a possède des relations étroites avec l’antique théorie chinoise des cinq mouvements (qu’on appelle erronément les cinq éléments) : “Les cinq éléments” se nomment en chinois Wu xing. Wu, c’est ici, nous l’avons vu, le chiffre cinq, et xing est : “ce qui marche”. Ce sont cinq types de mouvements, de pulsions, pourrions-nous dire, avec leurs effets d’attraction et d’opposition, d’accélération et de ralentissement, et de blocage. Ces cinq formes dynamiques doivent être comprises à partir de leurs fonctions.
    Ce sont : Le bois, la terre, l’eau, le feu, et le métal.
    Le “rien” par efficacité du trou constructeur correspond au bois (la hylé en grec). La terre c’est les fèces. L’eau c’est le sein. Le feu c’est le regard et le métal la voix (en chinois c’est beaucoup plus explicite qu’en français). C’est Lao tseu qui, le premier, a fait remarquer que le trou est constructeur (XI) : “C’est le vide central des roues qui fait leur utilité. Les vases sont faits d’argile mais c’est leur vide qui permet à la fois de les remplir et de les désemplir. Les portes et les fenêtres sont les perforations qui rendent les maisons habitables. Les choses ne sont précieuses que par le rien qui les rend utile”. Nos cinq sens sont des trous. Nos failles fondamentales sont ce par quoi nous existons. Nous ne vivons, nous ne sommes construits que par nos trous. On mange on défèque, on parle, on écoute on regarde etc. tout va bien quand ça circule mais les angoisses et les dépressions surgissent dès qu’un “rien” est obstrué, bloqué, fermé, bouché. Dans le système inconscient le trou précède ses bords. » (Guy Massat, La Topologie et le temps).

  • La Topologie et le Temps (VI)

    Jacques Lacan et le Zen

    Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (24 avril 2008)

    30 avril 2008, par Guy MASSAT

    « Y aurait-il autre chose que des évidences ? Oui, faisait déjà remarquer Héraclite, et c’est ce qu’on néglige, disait-il, “aussi bien avant qu’après en avoir fait l’expérience”, par exemple, le lapsus et l’acte manqué. Remarquons, à suivre Héraclite, que pour que le principe d’identité soit certain, pour qu’il y ait une identité indiscutablement vraie entre A et A, il faudrait que ce deuxième A se trouve au même endroit et au même moment que le premier. Or il n’en est rien. Il faudrait pour cela arrêter le temps, ce qui est impossible. Comme le dit justement Lacan : “l’inconscient c’est l’impossible”, l’impossibilité d’arrêter le temps. Donc le principe d’identité A est A n’est, en toute rigueur, qu’une une proposition arbitraire, relevant de l’imaginaire. Même si elle s’avère extrêmement efficace. Mais, puisque c’est une convention, une fonction imaginaire, une proposition arbitraire, nous sommes en droit de, et nous pouvons en fait, ne pas nous y soumettre et préférer le langage des oiseaux, c’est-à-dire un langage qui ne repose pas sur le principe d’identité. Comme nous l’apprend Saussure : “La chaîne acoustique ne se divise pas en temps égaux (temps de l’horloge et temps réel)… On ne sait où un son commence ni ou l’autre finit… Les éléments que l’on obtient par l’analyse de la chaîne parlée sont comme les anneaux de cette chaîne, des moments irréductibles qu’on ne peut pas considérer en dehors du temps qu’ils occupent”. Autrement dit ces anneaux forment des nœuds, “des nœuds de Saussure” : nœuds de choses sûres. “Ainsi, explique le linguiste, un ensemble comme ta (le phonème ta, il aurait pu prendre le phonème ça) sera toujours un moment plus un moment, t, a, ou ç, a. Le fragment irréductible t ou ç, pris à part, pourra être considéré en dehors du temps (en dehors du temps de l’horloge bien sûr). De la même façon un ensemble musical “do, ré, mi” ne peut être traité que comme une série concrète dans le temps ; mais si je prends un de ses éléments irréductible, je puis le considérer in abstracto, (c’est-à-dire dans un autre temps ou une autre dimension, pareille à la symphonie pour une seule note proposée par l’artiste du vide Yves Klein dans les années 60). » (Guy Massat, La topologie des nœuds et le temps).

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