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L’Inconscient et le Livre noir

Dernier ajout – samedi 15 juillet 2006.

Textes des séminaires de Guy Massat sur « L’Inconscient et le Livre noir de la psychanalyse » (année 2005-2006).


  • L’inconscient et le Livre noir (IX)

    Nous sommes tous les noms de la mythologie

    Texte de l’intervention au Café « Le Relais Jussieu » (29 juin 2006)

    15 juillet 2006, par Guy MASSAT

    « La libido est pourtant combinée à une pulsion agressive et destructrice dès le stade oral. Ce qui est figuré par Ouranos. Le stade anal par sa fonction d’expulsion-rétention caractérise la figure de Chronos : il produit des enfants qu’il remet dans son ventre. Le stade phallique c’est enfin le règne de Zeus et le stade génital celui des Olympiens. Zeus étant le souverain suprême des dieux et des hommes.
    - De sorte que, d’une certaine manière, nous avons été, et nous sommes toujours, tantôt Ouranos, tantôt Chronos, tantôt Zeus, sans compter tous les noms de la mythologie.
    Quand nous étions petits, si nous avons bonne mémoire, nous étions immenses, comme le ciel étoilé. Nous étions l’époux de notre mère et nous lui faisions des enfants que nous refoulions au tréfonds de sa chambre, comme ses maris. Un jour elle eut marre de nous et de notre exclusivisme. Elle fit une serpe aiguisée qu’elle donna au plus jeune d’entre eux pour qu’il nous coupa les témoins. De notre sang naquit Aphrodite, les trois Erynies, les trois cyclopes, et les trois hécatonchires, géants aux cinquante têtes et aux cent bras - auparavant nous avions fait six Titans et six titanes. Telle fut notre première enfance. » (Guy Massat, L’inconscient et le Livre noir).

  • L’inconscient et le Livre noir (VIII)

    L’objet petit a : le désir comme perte, puis comme dépassement de soi

    Texte de l’intervention au Café « Lounge Bar » (25 mai 2006)

    25 juin 2006, par Guy MASSAT

    « Le poète Paul Éluard nous dit : “La terre est une orange bleue”. Or comme la terre n’est pas une orange, c’est comme si le poète nous autorisait à poursuivre : “la lune est une banane verte”, semblable au phallus triomphant du ciel. “Faucille d’or dans le champ des étoiles”, comme dit Victor Hugo. Nous pouvons alors ajouter : les étoiles sont des lucioles. Et comme le mot lucioles est une anagramme de couilles, notre moi pré-conscient peut se cristalliser dans l’angoisse de castration en constatant que le ciel, la terre et les étoiles ne sont autres que la “scène originelle”. Cette scène fantasmatique dans laquelle on est le témoin frustré du coït de nos parents. Ce traumatisme nous métamorphose en loup hurlant, comme “L’homme aux loup” dont nous parle Freud. Il peut aussi nous réduire à ces cochons qui, nous faisait remarquer Platon, sont morphologiquement incapables de lever la tête vers le ciel. C’est ce traumatisme qui incite peut-être toute la civilisation à produire des rideaux de pollution pour lui éviter le spectacle insupportable de son origine libidineuse » (Guy Massat, L’inconscient et le Livre noir).

  • L’inconscient et le Livre noir (VII)

    Diogène, Gorgias, Freud et Lacan

    Texte de l’intervention au Café « Lounge Bar » (27 avril 2006)

    20 mai 2006, par Guy MASSAT

    « Diogène mourut à quatre vingt dix ans en retenant volontairement sa respiration.
    - Si d’aventure vous avez envie de vous suicider, essayez donc la méthode de Diogène. Si vous y arrivez c’était que votre désir de mort était bien votre désir. Si vous reprenez votre respiration c’est que vous voulez vivre.
    Diogène est le plus illustre représentant de l’école cynique. On reprochait aux cyniques de parler sans pudeur ni limites et de se comporter comme des chiens (cynos, chien en grec). Le cynique, tel que Lacan en parle, ne connaît qu’une loi celle de son désir, mais contrairement aux canailles il ne tente pas de l’imposer aux autres et contrairement au débile pavlonisé, il ne se laisse pas soumettre à la pensée unique, aux modes ou aux discours officiels. Le cynique consacre toute son énergie à ne pas céder sur son désir. En se servant du Borroméen on peut dire que le moi est débile, le ça est cynique et le surmoi une canaille. Ce sont les trois catégories où se déplace inévitablement le sujet, non pas pour juger les autres mais pour mieux pratiquer son analyse. » (Guy Massat, 27 avril 2006).

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