Éditoriaux sur la psychanalyse et l’inconscient freudien.
« Il est certain que se coltiner la misère, comme vous dites, c’est entrer dans le discours qui la conditionne, ne serait-ce qu’au titre d’y protester.
Rien que dire ceci, me donne position — que certains situeront de réprouver la politique. Ce que, quant à moi, je tiens pour quiconque exclu » (Jacques Lacan, Télévision, Paris, Seuil, 1974, p. 25).
Éditorial
Premier prix de Psychanalyse Lacanienne décerné à l’unanimité du Jury à Tim Burton
11 juillet 2010, par Guy MASSAT« Wo es war soll ich werden, dit toujours Freud. Conformément à cette topologie le premier personnage que rencontre Alice sera donc naturellement la chenille Absolulem. Dans le mot chenille, en français, on entend chaîne. Chaînes et nœuds, constituent la topologie de l’inconscient selon Lacan. Une chenille ça fait des trous. Absolulem fait des ronds de fumée. Il fume pour montrer que tout se réduit à de la fumée. Comme le “ça”, la chenille crache des lettres et chante les voyelles A, E, I, O, U, qui sont le souffle secret des choses. C’est ce qu’avait si bien figuré Walt Disney déjà en 1951 (on peut en voir toujours des extraits sur internet). Comme toutes les chenilles, Absolulem se transformera en papillon. Ce qui illustre que le “ça” va toujours par delà comme le devenir.
Que dit Absolulem à Alice ? Il lui dit que lorsqu’elle sera « la vraie Alice » elle libérera le système inconscient du joug totalitariste et pétrifiant du Jabberwocky, Grand Autre au service du surmoi incarnée par la Reine Rouge. Il lui dit de ne pas se prendre la tête et de suivre « l’épée verpaline » du langage qui saura faire le travail à sa place. Autrement dit que la parole peut tout parce qu’elle devance tout. Il lui conseille ne “pense pas et laisse toi parle” ».
Dans la topologie de l’inconscient vient ensuite le cercle du moi, illustré par le chapelier fou et ses acolytes. Tout moi a toujours besoin, pour se présenter, d’un chapeau au sens propre ou au sens figuré. Aujourd’hui on a plutôt des cartes de visites. Le moi attend. Si fou soit-il, il est conservateur. Il représente les pulsions de conservations, disent les psychanalystes. Il attend depuis toujours assis à la même table, buvant le même thé, avec les mêmes personnes, le loir et le lièvre de mars qui sont ses “petits autres” (les i de a) : Le loir est l’aspect du moi qui dort toujours. Le lièvre de mars, représente l’aspect du moi qui est toujours fatigué, fourbu comme un lièvre de mars. Peut-être qu’en avril, il sera-t-il moins fatigué et moins maladroit ? En tout cas, ces trois représentants du moi passent le temps à tuer le temps en attendant le retour d’Alice, le sujet de l’inconscient. C’est que le chapelier fou était autrefois au service de la Reine Blanche (l’idéal du moi) mais le Jabberwocky de la Reine Rouge (le surmoi) a exterminé un jour toute sa famille de chapeliers. Depuis il ne sait plus guigandélirer, c’est-à-dire danser la danse du guigandélire. Pourtant, le chapelier fou est le seul à croire que notre Alice est la vraie Alice qui redonnera son souffle bienheureux au système inconscient » (Guy Massat, Lewis Caroll, Lacan et Tim Burton).
Éditorial
« La psychanalyse est une contre histoire »
2 juillet 2009, par Guy MASSAT« L’oxymoron inclue les contradictoires, comme l’ambigramme yin-yang du T’ai-qi tétraédrique. Le séminaire XVIII, D’un discours qui ne serait pas du semblant est aussi appelé “le séminaire chinois”. C’est là qu’on trouve cette pensée de Meng tse, résumant la psychanalyse trois siècles av. JC :
“Si vous n’avez pas déjà trouvé au niveau de la parole, c’est désespéré, n’essayez pas d’aller chercher ailleurs” (leçon du 20 janvier 1971). En effet ce n’est que par la parole que l’être parlant se répartit entre homme et femme. Homme et femme sont une question de langage et non de biologie. Freud a dégagé la sexualité de la biologie. “La parole est parlante”, a expliqué Heidegger (Heidegger Acheminement vers la parole, Gallimard p. 16). Car si nous disions que la parole ne parle pas nous n’éviterions pas de la faire parler. “Qu’on dise reste oublier derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend” (Lacan, “L’Étourdit”, in Autres Ecrits, Seuil, p. 449).
Aujourd’hui Platon est non seulement démenti par l’Unbewusst, mais aussi par la physique quantique. Les idées éternelles dans leur arrogante identité sont de moins en moins actuelles. En effet, notre époque électronique repose sur un oxymoron : l’électron, qui est parfaitement synchrone à l’Unbewusst (double vue). L’électron, matière première de toutes nos technologies électroniques, est, nous démontrent et nous montrent les savants, une chose “sans substance”. N’y a-t-il pas lieu d’utiliser alors le terme lacanien de “achose” pour désigner l’électron ? L’électron est simultanément, “onde et corpuscule” autrement dit un Unbewusst, un ob-jet contradictoire, une sorte de concrétisation de l’oxymoron.
Ce qui définit l’homme c’est son rapport à la femme et ce qui définit la femme c’est son rapport à l’homme. Comme yin et yang il est impossible de les concevoir l’un sans l’autre. » (Guy Massat et Xiao Xiaoxi, La parole en psychanalyse et dans la pensée chinoise (suite)).
Éditorial
« La psychanalyse est une contre histoire »
16 mai 2009, par Guy MASSAT« C’est en entendant dans la forêt un moine réciter le sutra du vide : “Les formes sont le vide et le vide les formes…” que Hui neng, qui n’était alors qu’un bucheron illettré, eut subitement la révélation du réel. Il se rendit au Temple de la prune jaune pour devenir moine. Hong Ren, le cinquième patriarche le reçu en disant : “Tu es un homme du Sud et les hommes du Sud ne comprennent pas ce que peut être l’éveil (Bouddha). Toi, un type de Ling nan, primitif, chasseur de chiens, tu as le culot de vouloir être un éveillé !” Hui neng répondit : “Il peut y avoir des gens du Nord et des gens du Sud mais quand il s’agit de l’éveil au Réel qui pourrait faire la différence ?” (Id. p. 242 et Le Sutra de l’estrade, Françoise Morel, la Table Ronde, p. 34). Certes l’ignorance dans le conscient est le pire des handicaps, et du même coup le savoir dans cette dimension se révèle comme plaisir, mais dans l’inconscient l’ignorance est jouissance. La jouissance “ça sait rien”, souligne Lacan (Lacan, Encore, séminaire XX, p. 95) » (Guy Massat et Xiao Xiaoxi, La parole en psychanalyse et dans la pensée chinoise).
Éditorial
Le chat de Schrödinger et l’inconscient freudien
1er mars 2009, par Guy MASSAT
Éditorial
« Toute coïncidence est soit un choix… soit un symptôme »
12 janvier 2008, par Aurélien MARION
Édito
Sauvons la clinique (Commentaires, impressions et propositions)
11 juillet 2007, par Fernando de AMORIM
Éditorial
Rumeur et paranoïa : « Qui tire les ficelles ? »
5 mai 2007, par Christophe BORMANS
Littérature et psychanalyse
Un dialogue entre Mario Vargas Lliosa et Gabriel Liiceanu (trad. Paul Papahagi)
13 mai 2006
Édito
Freud n’a pas inventé la poudre... Mais presque !
6 mai 2006, par Christophe BORMANS
Édito
Pourquoi ne déchargez-vous donc pas ?
11 février 2006, par Christophe BORMANS
Éditorial
Ennuyer vient du latin inodiare, de odium : la haine
4 février 2006, par Jack BENSIMON
Artopologie
Et que l’enfant paraisse...
24 décembre 2005, par Pascal ZENTZ
Artopologie
Et que l’enfant paresse...
24 décembre 2005, par Pascal ZENTZ
Édito
Des enfants battent le « On » !
19 novembre 2005, par Christophe BORMANS
L’État et moi
par Alex. Cistelecan
22 octobre 2005
Artopologie
Demain j’ai rendez-vous avec mon psy... je lui parlerais de toi...
24 septembre 2005, par Pascal ZENTZ
Artopologie
« L’amour résiste très peu à un non »
17 septembre 2005, par Cyro Marcos Da SILVA
Édito
... Elle fait partie de la vie
27 août 2005, par Jack BENSIMON