Éditoriaux sur la psychanalyse et l’inconscient freudien.
« Il est certain que se coltiner la misère, comme vous dites, c’est entrer dans le discours qui la conditionne, ne serait-ce qu’au titre d’y protester.
Rien que dire ceci, me donne position — que certains situeront de réprouver la politique. Ce que, quant à moi, je tiens pour quiconque exclu » (Jacques Lacan, Télévision, Paris, Seuil, 1974, p. 25).
Éditorial
« Toute coïncidence est soit un choix… soit un symptôme »
12 janvier 2008, par Aurélien MARION« Impressions de déjà (b/e/l/m/p/s/t/v)u ? Rêves ‘prémonitoires’ ? Ressemblances ? Sensation de fatalité ? Pris dans l’engrenage ? Cycles ? Toujours pareil ? Bref, bis repetita !
Certains appellent ça le ‘destin’. Il conviendrait, plutôt, de parler d’identité symptomatique. La répétition — au sens large d’un ‘retour du même’ — est, ce qui du réel, n’a pas été symbolisé (mis en langage). Dit autrement, c’est ce qui est latent (dans l’inconscient — refoulé) et qui ré-apparaît, par jet de réel : symptôme (ou re-jet). N’ayant jamais été patent (dans la parole), ce réel donne le double sentiment d’une présentation et d’un refrain. Si la mise en présence est acceptable, l’impression itérative est, en revanche, inexplicable — elle paraît impossible : c’est la part de réel du symptôme. Si ce dernier règle la répétition — par nécessité de continuité —, il n’en reste pas moins soumis au hasard : le re-tour du refoulé peut intervenir n’importe quand. Tout est dans le rapport aristotélicien d’Automaton et de Tuchê : le premier est un mécanisme aléatoire (un ‘hasard automatique’), le mobile d’un conatus (c’est le symptôme !) alors que le second est une pure contingence (un ‘hasard absolu’), l’inédit toujours différent (c’est la rencontre du réel !). Le Même structure la contingence. Mais c’est l’accident qui motive. » (Aurélien Marion, Coïncidences).
Édito
Sauvons la clinique (Commentaires, impressions et propositions)
11 juillet 2007, par Fernando de AMORIM« L’agent double, selon le grand Robert, est associé à la traîtrise, à l’appât du gain, à la vengeance pour échapper à la torture.
C’était vers la fin de la réunion, dans la partie “Conclusions et perspectives”. Quelqu’un avait lâché dans la tribune le mot “agent double”. Je ne peux pas parler pour les autres, mais j’ai senti et pensé que l’orateur aussi, vu sont expression après avoir entendu le mot sorti de l’enclos de ses dents, un frémissement parcourir la salle. Ce n’était pas une huée, bien sûr que non, c’était l’accusé de réception d’un mot qui vient toucher directement à l’estomac. Qui sont les agents doubles sinon celles et ceux qui jouent un coup dans la pratique en tant que psychanalyste et un coup à la faculté en tant qu’enseignant ? Freud nous avait prévenu : “On ne peut pas servir deux maîtres à la fois”. C’est ce que je dénonce depuis des années, et le retour fut toujours méprisant soit par l’emploi de mots durs ou de silences assourdissants. Là rien de semblable, c’était un universitaire, psychologue, psychanalyste (à lire : universitaire virgule, psychologue clinicien virgule, psychanalyste) qui avait lâché le mot. Cela fait beaucoup de position pour une seule personne. Peut-on s’occuper de la clinique véritablement et aussi de la psychologie et aussi de l’enseignement ? S’il n’y a pas d’ego fortifico dans cette opération je veux bien manger mon chapeau ! Logique du moi fort, gonflé à bloc certes, mais dans le registre de l’imaginaire car, à vrai dire, comme tout esclave, dès qu’il peut, il devient capitão do mato… ou pire. Rien de plus méchant qu’un affranchi, quand il n’est pas passé par une psychanalyse, ajouterai-je ! » (Fernando de Amorim, Nourrir la clinique).
Éditorial
Rumeur et paranoïa : « Qui tire les ficelles ? »
5 mai 2007, par Christophe BORMANS« Les hallucinations verbales, les “voix” ou les “bruits” sont, dans la rumeur comme dans la paranoïa, que retour du refoulé, lequel s’accomplit toujours — c’est là son sceau, sa marque même de fabrique —, par une “trahison sournoise”, précise Freud dans la Gradiva, laquelle s’échappait elle-même comme la rumeur, sautillant de dalles en dalles sur les ruines de Pompéi.
Ce n’est pas tant que le monde court à la folie, que la folie fasse courir le monde. La folie, c’est-à-dire la rumeur : la parole œdipienne refoulée. Le discours de la psychanalyse n’est pas là pour l’empêcher de courir cette folle rumeur ; elle n’est pas là pour sanctionner qui que ce soit, pas même les Médias. Bien au contraire, par son écoute, le psychanalyste prête l’oreille pour toujours lui redonner du souffle, c’est-à-dire plus de mouvement, pour tout simplement lui redonner la parole, afin que ce mouvement ne se cristallise pas dans une “psychose intellectuelle”, selon l’expression que Freud aimait à employer à propos de la paranoïa (correspondance avec Fliess).
Dans le fameux manuscrit dit “Manuscrit H”, en effet, manuscrit joint à une lettre datée du 24 janvier 1895, Freud conclut l’exposé d’un cas de paranoïa sur cette formule qui préfigure l’analyse qu’il mènera quinze ans plus tard à propos de Paul Schreber :
“Ces malades aiment leur délire comme ils s’aiment eux-mêmes. Voilà tout le secret !”
“Il est l’axe du monde, et lui permet d’aller” disait Alfred de Musset (Namouna, Conte oriental). Nulle part ailleurs que dans ce narcissisme de la “psychose intellectuelle”, se donne à entendre la rumeur qui stagne. Ce n’y est plus le monde qui tourne, la parole qui souffle, mais juste le sujet qui tourne en rond et sur lui-même. Redonner du souffle, redonner la parole, c’est à cet aune, uniquement, que se mesure l’efficacité du psychanalyste » (Christophe Bormans, Les médias nous psychanalysent-ils ?).
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Exposition photographique & Textes
Le bar à Thé : 9, rue A. Vollon - 75012 Paris (Vernissage : 26 février 18h)
26 février 2005, par Matthieu DAVETTE
Éditorial
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Éditorial
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