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Cultes, Mythes et Religions

Dernier ajout – lundi 28 avril 2008.

Salomon Reinach, Cultes, Mythes et Religions, Éditions Ernest Leroux, Paris, 1905.


  • Salomon Reinach

    La bossue d’Assise et la conversion de Saint François

    Revue historique (1930)

    28 avril 2008

    « S’il n’est pas prouvé, s’il n’est pas démontrable que le bouddhisme ait exercé une influence sur le christianisme naissant, il est sûr maintenant qu’une des légendes les plus caractéristiques du bouddhisme a pénétré au Moyen Âge dans le cycle chrétien et que Bouddha, sous le nom de saint Josaphat, a conquis une place au calendrier catholique, où on l’honore le 27 novembre. Une question accessoire restait obscure : comment la légende bouddhique avait-elle été propagée sous une forme chrétienne ? On se contenta longtemps d’alléguer les nestoriens de Syrie, mais sans pouvoir préciser leur rôle. La solution du problème parait avoir été trouvée par M. Alfaric dans un article du Journal asiatique de 1917. S’autorisant de quelques fragments du VIIIe siècle découverts au Tourfan, il estime que l’emprunt à la littérature de l’Inde a été fait par les manichéens (...).
    Ainsi la légende de la conversion de Bouddha, d’importation probablement manichéenne, devenue populaire en Italie et ailleurs au XIe siècle, semble avoir été adaptée par l’imagination populaire à saint François antérieurement aux légendes écrites que nous possédons. C’est, en somme, le thème de la conversion du jeune homme heureux et insouciant par la brusque révélation des misères humaines » (Salomon Reinach, Cultes, mythes et religions).

  • Salomon Reinach

    Zagreus, le serpent cornu

    Revue archéologique (1899)

    23 avril 2008

    « Les Anciens ont dit que les druides avaient été les élèves ou les maîtres de Pythagore et ils ont identifié en substance l’orphisme et le pythagorisme, le second n’étant qu’une doctrine aux allures scientifiques fondée sur le premier, qui est une religion populaire. Donc, aux yeux des Anciens, il eût paru tout naturel qu’on cherchât à retrouver des éléments orphiques dans les croyances primitives des Celtes, qui sont au druidisme ce que l’orphisme est au pythagorisme, le substratum populaire d’une doctrine savante. Les Anciens croyaient savoir également qu’il avait existé des relations étroites entre les Celtes, les Illyriens et les Thraces et n’auraient pas trouvé étonnant qu’on constatât une analogie entre les croyances religieuses de la Thrace, berceau de l’orphisme, et celles de la Gaule celtique. Les Modernes, tout en tenant compte de ces circonstances, ont le droit d’être plus exigeants à l’article de la preuve. Il nous suffit donc d’avoir montré que le serpent cornu et l’oeuf de serpent des Celtes ne sont pas, comme on le croyait, des conceptions isolées dans l’ensemble des religions européennes » (Salomon Reinach, Cultes, mythes et religions).

  • Salomon Reinach

    Gilles de Rais

    Revue de l’université de Bruxelles (1904)

    11 novembre 2007

    « Monsieur,
    Votre honorable journal a si souvent réfuté les légendes odieuses inventées contre Calvin et d’autres réformateurs que je m’étonne lorsque, par hasard, j’y trouve l’écho d’un mensonge historique, sorti de la même officine.
    Je lis dans un joli article signé Jan Holp (Signal du jeudi 16 octobre) : “Une cave où des jeunes filles destinées à la mort furent retrouvées après la capture de Gilles de Retz.”
    C’est là une pure légende, dont il n’y a aucune trace dans la procédure de l’affaire de Gilles, publiée par feu de Maulde et l’abbé Bossard. On ne trouva, dans les caves de Tiffauges, ni vivants, ni morts.
    De toutes les prétendues preuves qui composent cette procédure, aucune ne serait admise aujourd’hui par un tribunal civil. Ce sont des racontars odieux et invraisemblables de témoins mis à la torture ; ce sont des aveux extorqués à Gilles sous la menace de la torture et qui correspondent tellement, même dans les détails les plus invraisemblables, avec les témoignages obtenus par le chevalet, que la critique historique a le devoir de les considérer comme non existants.
    La seule chose certaine, c’est que Gilles fut un prodigue et s’adonna, comme plus d’un pape, à l’alchimie. Pressé de besoins d’argent, il vendit d’immenses domaines au duc Jean V de Bretagne, avec faculté de les racheter pendant six ans. La possibilité de ce rachat effrayait Jean V. Le chancelier de ce prince était Jean de Malestroit, évêque de Nantes, qui avait aussi acquis des biens de Gilles. Pour se débarrasser de lui, ce qui n’était pas facile, on inventa les accusations odieuses qui pèsent encore sur son nom. Charles VII et quelques autres personnages surent aussi la vérité, mais se tinrent cois.
    Bien à vous.
    Un amateur d’histoire vraie. » (Salomon Reinach, Cultes, mythes et religions).

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