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Dernier ajout – samedi 1er août 2009.

Articles sur la psychanalyse et l’inconscient freudien.


  • L’a, fin de l’Art

    Bathygraphie de la Tuchè ou le sur-saut du Toucher

    La Pornographie, par les Mythes et limites

    1er août 2009, par Aurélien MARION

    « Ainsi, le toucher pornographique questionne la portée (politique et artistique) des deux entéléchies aristotéliciennes : actualisation d’un tangible actuel en survivance (du souvenir d’Onan aux secrets de la Pornê), et, réalisation d’un tactile virtuel en prégnance, procédure gratuite de l’urgence d’“un contact, soit l’aube d’un événement de lieu, de corps et de langue, en présence d’autrui. Une greffe sur la dérive hémorragique de l’espace d’un imaginaire du corps propre et du corps d’autrui.” Mais cette présence est, pour l’onaniste, celle d’un étrange ailleurs qui se répète : “pourquoi une telle stabilité sédimentaire alors que chacun s’emploie, dans le corridor des solitudes, par nomadisme désespéré de lignes et de réseaux, à entrer en contact avec l’inconnu au bout de soi ?” Car la masturbation est la plus intense des prières : c’est une demande à l’Autre-Proxénète pour que Tuchè interrompe les naissances spontanées par la rencontre. Cette dernière a lieu, à la vitesse du rien, lorsque la pas-toute éprouve sa part-putain à l’aune d’une présence réelle : cum-star, boy-(girl-)friend, quelconque dick(cunt), ou performeur(se). Entre la prière et la preuve se meuvent, s’animent et salivent les fantômes, malgré leur inertie : “le spectre pèse, il pense, il s’intensifie, il se condense au-dedans même de la vie.” L’âme, rapport au monde, lieu de la pensée et structure spéculaire, est ce milieu propice à ce que le rien sérendipe. Plus exactement : le rien est à l’âme ce que le pornographe est au “trou de ver”, un pas entre “trou noir” et “trou blanc.” Étincelle poreuse, é-motion ex-citant la “peau comme lieu d’événement d’existence.” Au final, le pornographe consacre les gestes créateurs pour en cueillir les restes, en profanateur : “Une inavouable impression d’hospitalité se dégage des corps nus de femmes, de la coulée de chair qui descend de la lèvre inférieure de la bouche jusqu’au sein, l’écartement des genoux, le sexe ombellifère. Rien d’indécent dans ses vallées épidermiques, les promontoires velus, le bégaiement figé des plis du sexe. La disproportion constante entre l’étroitesse, la fragilité des épaules et la largeur du haut des cuisses comme un oui prononcé aux forces de la terre qui tourne. Émouvant, le dessous, la plante des pieds dans l’agenouillement, l’impossibilité pour l’aimée de s’imaginer aussi excitante de dos, dans la traînée d’ombre entrouverte par les fesses et les cuisses. Cette disponibilité pour l’apaisement dans l’arrondi, l’attention des regards vers l’ouverture du sexe masculin. Rien de la construction disgracieuse des commentaires publicitaires, aucune promotion autre que le fait d’être dans le sourire rose de la lumière.” » (Aurélien Marion, L’a, fin de l’Art : La Pornographie, par les Mythes et limites).

  • Psychanalyse et mythologie

    Apollon « sans nombre »

    Connais-toi toi-même… Rien de trop !

    18 mars 2009, par Guy MASSAT

    « A-pollon, le “sans nombre”, est ce qui absorbe dans le même mouvement d’harmonie le A et le non A. C’est une dynamique qui relève de la pulsation temporelle que Lacan appelle l’inconscient. La mort est aussi vivante que la vie est mortelle. On l’appelle la vie et elle produit la mort. On l’appelle la mort et elle produit la vie (tant il est vrai que tout ce que nous mangeons pour vivre est mort, dépecé et cuit). Non seulement l’harmonie vient des contraires mais c’est le contradictoire qui la produit. La science contemporaine nous avertit : “Fin de la physique, début du temps”. Apollon conduisait justement le char du soleil qui figure le temps comme sa sœur jumelle Artémis dirigeait le char des lumières lunaires. Ces jumeaux faisaient germer la vie et rendaient les cœurs joyeux.
    Les oracles et les paroles d’Apollon jouent sur l’obscurité et la clarté, c’est pourquoi ils étaient appelés “loxias” c’est-à-dire équivoques. Aujourd’hui, avec Freud et Lacan, on sait que la loxias est la particularité du discours inconscient qui privilégie les jeux phonétiques, les sens propres et les sens figurés. C’était aussi le discours des Pythies. Sans forcer l’interprétation on peut dire que les Pythies étaient en quelque sorte les psychanalystes de l’époque. Elles guérissaient et résolvaient les difficultés par la parole et l’interprétation des rêves. » (Guy Massat, Apollon « sans nombre »).

  • Psychanalyse et culture chinoise

    Comment traduire « Ça » en chinois ?

    Wù ming, sans nom, est ce qui correspond au Ça de Freud

    31 décembre 2008, par Guy MASSAT

    « Le “ça” en psychanalyse, depuis Nietzsche, Groddeck et Freud, se distingue de toute forme de pronom grammatical ou d’article déterminant. Dans “La question de l’analyse profane” Freud nous figure le ça inconscient, impersonnel, par l’usage qu’en fait fréquemment l’homme ordinaire en parlant lorsqu’il dit [en français dans le texte] : “j’avais ça en moi”, “c’était plus fort que moi”… L’importance de ce genre d’expressions est que nous pouvons clairement y distinguer le ça pronom du ça inconscient, même si le névrosé s’entête à les amalgamer. “J’avais ça en moi”, quoi ça ? Cette maladie ? Si c’est une maladie, ou quelle qu’autre chose de définissable, il s’agit simplement du pronom. Si c’est ineffable, innommable, indéfinissable si on le désigne comme “force inconnue” qui ne se réduit à rien, nous sommes en présence du “ça”. Dans “le moi et le ça” Freud se référant à Groddeck nous dit justement que : “nous sommes ‘vécus’ par des forces inconnues et impossibles à maîtriser. Nous avons tous éprouvé de telles impressions”. Distinguer le ça pronom du ça inconscient c’est distinguer l’inconscient du conscient. Le ça est cette dimension de nous-mêmes qui est sans nom, sans dieu ni maître, sans opinion, inopinée. Certes le conscient et l’inconscient, pour reprendre un exemple formel, sont noués ensemble à la manière des cercles d’Euler (XVIIIe). Le champ d’intersection de ces cercles y est, en quelque sorte, exclu de leur différence. Le champ d’intersection forme une zone dans laquelle le conscient et l’inconscient se confondent : c’est la névrose. Toutefois ces cercles sont suffisamment distincts et manœuvrables topologiquement pour qu’on ne les confonde pas. Lacan nous fait remarquer qu’ici “la conjonction disjonctive soutient l’alternative”. L’inconscient n’est pas le conscient sauf dans cette zone d’intersection pathologique où l’on ne saurait dire si cette aire appartient à l’inconscient ou au conscient. » (Guy Massat et Xiaoxi Xiao, Comment traduire « Ça » en chinois ?)

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