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Dernier ajout – samedi 12 avril 2008.

Articles sur la psychanalyse et l’inconscient freudien.


  • L’a, fin de l’Art

    Anatomie de la Jouissance ou les secrets de la Pornê

    La Pornographie, par les Mythes et limites

    12 avril 2008, par Aurélien MARION

    « Cette métennnévrose (mort de la mère) est l’art propre à l’écrit (du lieu de la parole !), le squelette esquissé comme apparition événementielle. “Pour la poésie, ‘corps’ est le nom d’une silhouette que le fait d’écrire dessine” : nos fantômes peuvent devenir visages (alors que nos symptômes ne sont que vissages). Puisque “l’âme, c’est ce qu’on pense à propos du corps” (Lacan), le corps symbolisé (I) comme visage animé (pensée fantomatique — ICS) fait art désœuvré en espace littéraire (c’est de là que vient l’ek-stase que nous appellerons jouiscence — venue con-cul-pissante). Ainsi, Franz Kaltenbeck est-il amené à écrire que « dans la névrose, la jouissance est vécue comme un excès qui cause l’angoisse. Le sujet lui donne alors une connotation négative, il craint que la castration ne réponde à son jouir. L’art nous offre, par contre un champ où cet excès et cette négativité paraissent apprivoisés » : accepter nos fantômes est la première action artistique rendue possible par la pulsion, dans un corps déjà imaginarisé, mais pas encore objectivé. Quant il y a refoulement, les pulsions sont réduites à zéro (F(o)) : l’horreur (R) fera symptôme. Mais, la parole est aussi jouis-sens : « là où ça parle, ça jouit, et ça sait rien », plaisir de ça-voir que le rien est signifiant effacé par le son vocalisé. Ici se joue l’inspiration comme vocation sublime (sous l’horreur ou l’erreur), métempsychose (mort du père) changeant lyriquement notre angoisse de mort-scellement (vaporisation) en fantasmes géniaux (souffle du rien et centralisation). Enfin, au lieu de refouler ou de sublimer, la pulsion mène la traversée du vide jusqu’au phallus réel (pénis, voire clitoris — même si ce dernier déborde cette dimension) : le phallus comme signifiant s’incarne dans le corps imaginaire (inter-dit — A — évacuant un reste, comme suppléance : ob-jet a). Devenu plus imaginaire (F(a)) que réel (la substance permise par le signifiant se fissure), le corps se morcelle par saccades : la lutte R-S meurt avec bonheur, c’est l’orgasme. La mort n’est jamais “petite”, elle est — au contraire — immense, explosion écartelant les dit-mensions. L’orgasme est un spasme borroméen : le retour de l’I fait vacillé l’R en S, le reste en trace, par le rien (-Phi). Le plus-de-jouir n’est créé que dans l’orgasme car il transforme l’ob-jet a, non plus seulement pour faire “tenir l’image”, mais pour causer le désir. “Si l’on change la fleur qui fane pour la fleur invisible du rien créateur, c’est tout l’objet a qui se transforme en "plus de jouir", en abondance, richesse et créativité. C’est à partir du rien que tout peut bifurquer” (Massat, nous soulignons) : le ‘sujet-du-désir’ doit s’admettre en ‘sujet-de-la-jouissance’ pour que le rien éjacule l’âme (fleur fanée), qui se ‘tra-ça’ en un quelconque (“inhumain anonyme” dirait Massat) causant un nouveau désir (fleur invisible), sans que l’on sache lequel. En effet, la richesse absolue du plus-de-jouir (ob-jet a phallicisé) détermine tout : omniscience. Cela signifie que si “le désir est le propre de l’homme” (G. W. F. Hegel), c’est parce que le corps s’est atomisé en anatomie : orgasme. Les animaux jouissent mais n’ont pas d’orgasme, c’est pourquoi ils ne parlent pas (ne savent pas). Massat nous dit : “jouir est le savoir du rien” ; nous ajoutons : orgasmer est le savoir du tout. De là, se joue un troisième ‘faire art’ : si, du plus-de-jouir, l’a devient cause du désir, le phallus, lui, permet un ultime relent du rien : métembordose (mort des parents). Si par ‘bordose’, nous entendons, angoisse de perte (d’orgasme), métembordoser consiste à dé-border : kénose créatrice. » (Aurélien Marion, L’a, fin de l’Art : La Pornographie, par les Mythes et limites).

  • Les “P” sœurs : Psychanalyse, Philosophie et Poésie

    Pourquoi Trois ?

    Dire avec Lacan qu’« il n’y a pas de rapport sexuel »…

    19 janvier 2008, par Aurélien MARION

    « C’est pourquoi, notre existence comme ‘être-au-monde’ est originellement triangulaire : mon Moi ne se représente l’autre imaginairement qu’à partir du moment où l’Autre l’a confirmé. De ce fait, nous pouvons comprendre l’impossibilité du rapport sexuel par l’opposition de la jouissance du sexe masculin à la jouissance du sexe féminin. La jouissance masculine ne peut être que phallique (J de Phi) car l’homme relève de l’au-moins-un : lors du stade oedipien, le Surmoi (comme instance morale de la loi du Père, celle du Nom) ordonne de jouir (de la Mère). L’injonction phallique du ‘jouis !’ fait loi du fait qu’il y est cet Hommoinzin mythique faisant exception à la règle : il jouissait de toute femme. Seulement voilà : si l’homme s’identifie comme être-homme à partir du moment où il est engagé dans la jouissance de la femme prise comme phallus, la femme, elle, n’existe jamais. En effet, l’homme est Tout puisqu’il fait l’expérience de la castration, comme survie du genre masculin dans l’avoir du phallus ; alors que la femme est pas-toute car elle est déjà ‘castrée’, elle ne peut s’identifier comme étant La femme car elle est phallus, à l’image de sa mère, matricielle et nourricière. Le phallus, néanmoins, elle peut aussi l’avoir, mais imaginairement, dans cette représentation du Deux de la jouissance sexuelle comme rapport. Ainsi, la jouissance phallique (toujours sexuelle), consistant à prendre l’autre comme phallus est ce rapport commun à chaque sexe : ce qui se passe entre le Zéro de l’absence et l’Un de la présence. Toutefois, l’homme étant fini et complet (Tout), sa jouissance ne consistera qu’en pulsion possessive de chaque femme : jouir d’elles, une par une : le genre défini jouit du genre indéfini infiniment ; a contrario, la femme étant éternellement a-définie dans son incomplétude de pas-toute, la jouissance phallique de chaque homme ne peut lui suffire : pour s’illusionner comme étant La femme, il lui faut jouir d’un Infini, d’un Tout pouvant l’instituer comme telle. Elle ne veut pas seulement jouir d’un homme, elle veut jouir de l’homme, non comme fini, mais comme Autre la définissant. C’est pour ça, aussi, que le rapport sexuel est impossible : la fusion n’est toujours qu’imaginaire car la jouissance de la femme est duelle alors que celle de l’homme est une. La ‘mêmeté’ des jouissances phalliques n’est possible qu’avec la pulsion d’accomplissement de la femme : la jouissance de l’Autre (J de A) comme mouvement tiers, l’Autre étant justement ce Trois qui nie l’osmose d’eux, déni du Deux et des dieux. » (Aurélien Marion, Pourquoi Trois ?).

  • Psychanalyse, philosophie et poésie

    Le Médian : vid-a-vie

    Unifier, identifier, intensifier, sacrifier, authentifier, inspirer

    5 janvier 2008, par Aurélien MARION

    « Résoudre l’énigme (solutionner tout problème), c’est atteindre le Bonheur (total de “toutes les inclinations” — Kant ; cf. aussi Œdipe !) dans le passage désir-jouissance : “plaisirer” dans un “faire l’Amour” (l’unique point où ce n’est pas lui qui nous fait ! — point en quoi il y a nécessairement initiation), rencontre d’ob-jets a (donc impossibilité d’un bonheur propre, sans l’autre -partage eidétique) permise par le plus-de-jouir, seul cas où le rien est tout (réalisation de l’Homme). La Trinité chrétienne est ainsi un bel exemple de borroméisme (Dieu/Vide=I — père de l’imaginaire —, Saint-Esprit=R — lien donnant vie au corps —, Jésus/Messie=S — parole, verbe se changeant en verve pour sauver l’homme) exprimant ce Bonheur (équilibre tychiquement acquis dans le déséquilibre absolu de l’Amour — Amen peut s’écrire ‘a-men’, c’est-à-dire ob-jets a réalisant les hommes !). Reste que l’imaginaire, en tant que médian libérateur, peut aussi mener à un point d’extrémité strictement opposé à la jouissance de l’Autre (point R-S : vie de la femme), celui de la morale (point S-R : mort nécessaire à l’humanité). Si l’éthique est davantage à comprendre comme relation intersubjective (rapport à l’autre et à l’être), la morale, en tant que telos de “l’homme rationnel”, est une victoire de l’homme par/sur l’imaginaire : suicide (régénérateur) de l’inconscient. Kant base la morale sur la “bonne volonté”, c’est-à-dire la “volonté d’agir par devoir” : accomplissement rationnel, le ‘devoir’ est un respect pour la loi, c’est-à-dire « ce qui doit être absolument ». Mais si la morale se basait uniquement sur le ‘bien’ de la volonté, on pourrait (c’est ce que montre Sade) la basait sur la loi absolument nécessaire (et apathique) de la jouissance (le “souverain bien” pourrait être phallique). Le fait est que la morale dépend de la liberté, et donc de la ‘métempsychose’ : l’impératif catégorique de la jouissance doit en fait être subordonné à la liberté, donc à une volonté autonome : bonne et psychotique. La jouissance est un inconditionnel irrationnel originant la morale : c’est le plus-de-jouir qui, en permettant la libération psychotique, anime la raison dans l’imaginaire. Ainsi, en dernier lieu, inspirer, c’est autonomiser la volonté grâce à l’âme vidant l’imaginaire de ses traces de réel (éclipse phallique) : le rien (plus-de-jouir), pour aboutir à la morale, ne conserve que la réalité d’une psychose devenue rationnelle (donc temporelle). L’âme est donc cette ‘poussée du vide’, « eau » libérant notre psychisme par la « trifurcation » (Massat) vitale d’un imaginaire médiant — par le rien, toujours — la jouissance phallique et le désir (jusqu’au bonheur, par l’Amour), médiant ‘lalangue’ et l’art (jusqu’au sublime et dans l’angoisse, par la mort de la mère), médiant la jouissance de l’Autre et le savoir (jusqu’à la morale, par la temporalité de la volonté). En tant qu’animation de l’imaginaire, le médian permet le sacrifice de la mère, l’authentification libertaire et l’inspiration humanitaire. Pour que nous, parlêtres, puissions “en tant qu’erreurs errantes” (Prigent), choisir — malgré tout — notre vie. » (Aurélien Marion, Le Médian : vid-a-vie).

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